jeudi 23 octobre 2008

Ce n'est pas un mur, c'est la Grande Muraille...

Après une longue inactivité sur ce blog, je me devais de faire une mise à jour après le passage de la grosse échéance que constituait le marathon d'Amsterdam. En voici donc le récit :

Le 20 avril dernier, je terminais le marathon de Nantes déçu de ne pas avoir éprouvé de sensations. Je battais mon record d’une trentaine de secondes, mais l’objectif n’était pas vraiment atteint, je voulais descendre nettement sous les 2h50’, et cette maudite crève attrapée une semaine avant m’a empêché de prendre du plaisir sur cette course, je n’ai pas pu espérer ne serait-ce qu’un kilomètre, le feeling n’était pas là. 6 mois plus tard, je remets ça à Amsterdam. Cette fois-ci, j’ai bien pris garde de ne pas attraper froid à quelques jours de l’échéance, toutes les séances sont passées, la période de relâchement a été ultra bénéfique, la dernière séance d’allure spé marathon le montre : les pulsations sont basses, je suis en forme. C’est la première fois que j’ai l’impression de vraiment tout maîtriser.
Je prends donc le départ avec une grosse confiance, et surtout la ferme intention de ne pas me brûler dès le départ. Je pars donc volontairement en-dedans, sans chercher à slalomer, j’attends juste que la route se dégage. C’est ainsi que je passe le premier kilo en 4’03’’, facile, les pulses sont très au niveau attendu, malgré l’excitation liée à la course. Je suis bien dans mes baskets… Déjà, je suis content d’être là, je prends un gros plaisir à courir, je suis facile, c’est cela que je cherche dans le marathon, c’est génial. Allez, cette fois-ci, c’est parti, c’est mon jour ! Les kilos sont un peu bizarres au début : j’enfile le 4ème et 5ème en 8’24’’ au total (que se passe-t-il ? je suis si lent ?) puis le 6ème et 7ème en 6’51’’ (ahhhhh ! c’était juste la faute des panneaux !). Je suis un poil rapide, les kilos s’enchaînent légèrement sous les 3’50’’, il va falloir que je corrige cela. Je suis au 10ème km en 38’42’’, une vingtaine de secondes d’avance. Les pulses sont OK, entre 167 et 169 selon les km, ça va. C’est peut-être un peu tôt pour être déjà si haut, mais je pense que c’est bon. Je me cale enfin à la bonne allure. Passage du 15ème en 58’09’’ : toujours ces 20’’ d’avance, je suis dans le tempo. Puis on arrive le long de l’Amstel. Et il y a du vent. Il est de face ce coquin. Méfiance… Je me cale dans un groupe, et je trouve un compagnon avec qui nous allons nous relayer pendant quelques kilomètres, prenant le vent chacun notre tour. Les pulses restent maîtrisées, toujours sous 170. On arrive au demi-tour, chouette, maintenant, c’est vent dans le dos. Donc, des kilos a priori rapides, sans tirer sur la machine. Bon, là, malgré mes efforts pour rester sage, je franchis définitivement les 170 pulses. Mais le semi est passé (1h22’10’’, toujours 20’’ d’avance). Et je déroule : 24ème km en 3’45’. Mais, que se passe-t-il ? Nous revenons toujours vers Amsterdam, et le vent se manifeste de nouveau : il a tourné… Je ne l’aurai pas eu longtemps avec moi. Du coup, les pulses continuent de monter, et là ça devient un peu inquiétant : je suis à 174 au 30ème km (1h56’45’’, 15 secondes d’avance). Bon, on va bien voir, les jambes continuent de tourner. J’avance toujours comme un métronome, l’allure est bonne : 31ème en 3’56’’, 32ème en 3’55’’. Il reste 10 km. Mais je sens que ça devient compliqué. Le petit groupe devant moi s’éloigne lentement. Et là, je suis toujours à 15 km/h, mais je sais déjà que mon sort est scellé. Je sens que les réserves sont presque vides, et que je n’en ai plus pour longtemps. J’essaie quand même… Mais cela devient soudain très difficile. Le 33ème passe en 4’03’’… Le 34ème en 4’11’’, le 35ème en 4’24’’, le 36ème en 4’23’’… C’est terminé. J’ai encore une grosse avance sur le plan B (2h48’) et même sur le plan C (2h50’), mais je sais bien que c’est mort. Mon réservoir est à sec. Le moteur commence à tousser… Et là, je passe sous un pont juste avant le 37ème km, en remontant, pour la première fois je marche. Je me dis que, quitte à marcher, autant le faire dans une montée, je perdrais moins de temps qu’ailleurs… 37ème km en 5’02’’. Le chant du cygne : je parviens à trouver la force de courir un peu pour faire le 38ème km en 4’26’’, je me demande encore comment j’ai fait. Le 39ème est encore « honnête » : 4’53’’, mais à quel prix ? J’ai beau essayer, je n’ai plus rien dans les jambes. Impossible de courir. Et je commence à avoir faim. Très faim… Je me dis que le ravitaillement du 40ème est bien loin… Il est bien trop loin ! Je marche, je marche, je n’arrive même pas à marcher vite. J’essaie de courir, un coureur mal en point comme moi m’encourage, et nous courrons côte à côte au moins… 150 mètres. Et je remarche. Je suis sans force. Je réclame du sucre : une petite fille en sort de sa poche 2 morceaux enveloppés dans du papier, et elle me pousse à courir de nouveau : désolé petite supportrice sympathique, j’aurais bien voulu, mais je ne pouvais pas. Un immense merci quand même, sans toi, je ne pense pas que j’aurais pu terminer. Je commençais à ce moment à avoir la tête qui tournait, ça va un peu mieux ensuite. Mais je ne peux plus courir. 40ème km : 7’16’’. Je suis à ce moment en 2h43’. Même les 3 heures paraissent inatteignables. Je me restaure au ravitaillement, j’ai bien dû boire 5 verres de boisson énergétique, 2 bananes, 3 verres d’eau. Et je repars, mais toujours en marchant. J’essaie de me relancer : crampe au mollet droit. Il ne manquait plus que ça ! OK. J’ai compris. Je marche. 41ème km : 10’22’’. Le pire, c’est que je suis hyper lucide. Et je ne souffre pas (sauf des crampes, mais quand je marche, elles me laissent tranquille), je n’ai juste pas de carburant. Et je repense à la veille de la course, à notre recherche désespérée d’un resto qui servirait des pâtes : ils étaient tous pris d’assaut. On s’est contenté d’un bon repas, mais pas adapté aux besoins de marathoniens. Et je me rappelle de ce petit déjeuner de ce matin, finalement bien léger quand on y pense. Mais bon sang ! Ça t’est déjà arrivé ces trucs : tu ne bouffes pas assez avant la course. Je croyais que tu étais vacciné ! Eh bien non. C’est mon 5ème marathon, et je ne sais toujours pas aborder cette épreuve. C’est en faisant des erreurs qu’on apprend paraît-il. Eh bien moi, j’apprends lentement…
Bon, maintenant, il s’agit de terminer la plaisanterie. Je marche encore et encore, je vois le stade. Je rassemble mes dernières forces, et à 100 mètres de l’entrée du stade, je cours. J’arrive à l’entrée du tunnel, et là, cerise sur le gâteau : crampes simultanées aux deux quadriceps. Je suis cloué au sol, je ne peux pas avancer. Je hurle de douleur. Un bénévole me dit : « only 300 meters left ! go on ! » et moi je ne peux que lui répondre : « but I cannot make a single step !!! ». Un type demande à passer de l’autre côté du grillage, il est kiné. Il passe, je ne sais pas ce qu’il me fait, il ne tire pas sur mes jambes, j’ai juste l’impression qu’il passe ses paumes sur mes quadris douloureux, la douleur passe. Cela fait juste 3 minutes que je suis là comme un con à l’entrée du stade… Au total, je vais y passer 5 bonnes minutes. Je repars clopin-clopant, j’entre dans ce stade, et à 50 mètres de la ligne d’arrivée, je décide de finir quand même en courant. Résultat : les 1295 derniers mètres en plus de 15 minutes, un temps final de 3h08’51’’. Bien loin de mes espérances. Mais ça fait longtemps que je me suis fait une raison, d’ailleurs, je souris au photographe…
Je ne suis même pas déçu, juste une immense frustration, car je sais que j’étais fort. Ce qui est arrivé est ma faute, que cela me serve de leçon. Peut-être qu’un jour je saurai courir un marathon, ce n’est pas encore le cas. Merci Charlie pour cette prépa qui s’est avérée parfaite, désolé d’avoir déconné… Mais qu’on se le dise : I’ll be back.

mercredi 28 mai 2008

Suite du programme


Alors que je vais prochainement faire en sorte de reprendre un entraînement structuré, le marathon de Nantes et, dans une moindre mesure celui du Mont Saint Michel, seront absorbés, je pense à la suite du programme.
Il était question avec les collègues de travail de s'organiser une sortie à l'étranger à l'automne. Eh bien, le projet avance, et je me suis d'ores et déjà inscrit pour le marathon d'Amsterdam qui aura lieu le 19 octobre prochain. J'ai déjà couru ce marathon en 2006 (la photo en haut à droite de ce blog a été prise à cette occasion), il s'agissait alors de ma première expérience sur la distance des 42,195 km. J'irai cette fois encore à l'assaut de la barre des 15 km/h, soit 2h48' (en espérant secrètement réaliser 2h45' !!!).
Mais il est encore trop tôt pour faire des pronostics, nous reparlerons de cet objectif en temps utile.

lundi 26 mai 2008

Baptême du marathon sous le déluge


Samedi, j'ai participé à cet apocalyptique marathon du Mont Saint Michel, un mois après avoir couru celui de Nantes. Cette fois, l'objectif n'était pas de faire un temps, mais d'emmener les copains au bout de leur premier marathon. Les niveaux de préparation étaient hétérogènes, mais ils allaient de "un peu juste" à "carrément insuffisant". Le "carrément insuffisant" a évidemment abandonné au 27ème, mais les "un peu juste" ont réalisé un petit exploit. Ils n'avaient aucune idée de l'allure à suivre (pour les deux personnes dont je parle, il s'agissait de la première course sur route DE LEUR VIE !!! => un footeux et un pongiste, qui ont préparé la course "au feeling", sur la base des quelques conseils que j'ai pu leur donner, depuis un mois et demi), j'ai jugé, sur ce que je connaissais d'eux, que je pouvais les emmener sur 3h30'. Facile : 5'/km. En fait, j'avais décidé d'aller un peu plus vite (entre 4'50" et 4'55") afin de pouvoir prendre les ravitos tranquillement, en marchant sur quelques mètres.
Nous partons sur ces bases, ne nous laissant nullement perturber par la pluie. Tout de suite dans l'allure : 5'02 au premier km, avec les embouteillages du départ, puis 4'50" au 2ème, c'est parti. Nous sommes 4 (Vincent le footeux (mon frère),Manu le pongiste, Mr "prépa insuffisante" et moi). Je leur parle beaucoup, je les saoule de conseils, je dois prononcer le mot "prudence" 20 fois par minute...
Premier ravitaillement, la consigne est claire : on ne loupe pas le moindre ravitaillement, on prend sa bouteille en courant, on se dégage de la zone, puis on marche afin de se ravitailler correctement. 10 pas, puis on court de nouveau. J'ai affaire à des élèves studieux, les consignes sont appliquées à la lettre, on ne perd presque pas de temps, le km du ravito est fait en 5'08".
La course se poursuit, Mr "prépa insuffisante" ne veut pas encore le reconnaître, mais il est évident qu'il ne pourra pas suivre notre rythme. Je le lui dis, il persiste à s'accrocher, nous ne sommes pas au 10ème, je sais qu'il se prépare à une immense galère dont il ne soupçonne pas l'ampleur... Allez, on continue, le pli est pris, le deuxième ravito se passe parfaitement, il faut même gérer des "pauses techniques", aucun problème, on a le temps.
Mr "prépa insuffisante" commence à faire l'élastique, je lui répète qu'il est inutile d'insister, qu'il devrait accepter de ralentir franchement, il s'accroche quand même. On arrive au 13ème, il est 5 mètres derrière nous, je ralentis, me mets à sa hauteur et élève un peu le ton. Il a compris, il ralentit. Mais il est déjà trop tard, le mal est fait. Nous continuons à 3.
Nous passons le semi, nous sommes systématiquement entre 4'50" et 4'55"/km, sauf pour les ravitaillements, le rythme est parfait. Le temps de passage au semi est d'1h44'30". Impeccable. Mon frère m'impressionne par sa facilité, il ne dit rien, vit sa course. Manu semble être un peu plus à l'ouvrage, mais il enchaîne les kilomètres comme un métronome. C'est lui qui se rend compte quand je m'enflamme trop, il détecte les accélérations : quand il râle, c'est qu'on est en 4'45". S'il ne dit rien, c'est qu'on est dans le tempo. D'ailleurs, je lui dis, alors que nous n'étions que tous les deux, après une pause plus longue au ravito que mon frère : Vincent m'a l'air tranquille, il va claquer les 3h30 sans problème. Je ne le savais pas, mais j'avais à ce moment là construit le nid de sa motivation pour le reste de la course : je l'ai vexé. Il a compris qu'implicitement, je le trouvais moins bien. Et j'avoue qu'à ce moment là, je ne pense pas qu'il tienne la cadence jusqu'au bout.
Au fait, nous avons une autre consigne : quand un enfant tend la main pour qu'on lui tape dedans, au moins l'un de nous trois doit y aller, y compris si c'est de l'autre côté de la route. J'ai la fierté d'annoncer que je crois que nous n'en avons pas manqué un seul ;-)
Bon, mes deux compères sont bien, ils continuent de raconter des conneries de temps en temps, je leur dit que nous arrivons au début de la zone de turbulence, il faut penser à entrer dans sa bulle, et ne plus penser qu'à ses sensations. On se préserve au maximum. Je leur indique qu'à partir du 25ème, on va commencer à ramasser des morts par dizaines. Et ça ne manque pas. Les marc heurs commencent à apparaître. Et même ceux qui ne marchent pas, on les double. Je demande à Manu s'il est bien, s'il pense que le rythme est tenable encore pendant 15 gros kilomètres. "Je crois que oui". Soit. On va voir. Vincent est imperturbable, il avance. Au 26ème, un copain de Manu nous encourage, et fait quelques hectomètres à nos côtés. Il est impressionné par l'état de fraîcheur des troupes. Et Manu est regonflé à bloc.
Je tempère toujours mes compagnons de route : l'échauffement est presque terminé, la course va bientôt commencer. Et pourtant, à voir l'état des concurrents que l'on double, elle est presque terminée pour certain... On arrive au 30ème, je leur dit que le marathon commence ici. Mais Vincent a des fourmis dans les jambes. Je pensais leur lâcher un tout petit peu la bride au 32ème, Vincent prend 3 mètres d'avance, je lui dis qu'il peut partir, mais il doit se méfier, rien n'est gagné... Il accélère très progressivement. Je reste avec Manu, qui tient toujours la cadence. Au 33ème, alors que Vincent a maintenant 200 mètres d'avance, Manu me dit : "je crois bien que ça va tenir jusqu'au bout". Je laisse passer encore deux kilomètres, et je lui dis : "on y va ?". "Ouais". D'accord, c'est parti. Vincent est en point de mire, le meneur d'allure des 3h30' est 300 mètres devant nous. On accèlère gentiment, j'indique à Manu que c'est maintenant qu'il faut s'accrocher. On passe en 4'45", puis 4'40", et Vincent se rapproche. A voir sa foulée, je sais qu'il ne faiblit pas, mais faute du repère qu'il avait avant avec nous, il est dans un faux rythme (il court sans chrono). Nous arrivons au dernier virage, 4 km avant l'arrivée, je vois qu'il y a du monde, je demande à Manu s'il veut une ovation. Bien sûr qu'il en veut une ! Donc je passe en harcelant le public, en levant les bras, en disant que je n'entend rien, en sautant partout... J'entend un spectateur dire que ça n'a pas l'air très dur le marathon...
Nous revenons sur Vincent, le panneau du 40ème s'annonce, et la jonction s'opère pile à cette marque. Je regarde mes deux "presque marathoniens", et je leur dis que je les laisse s'expliquer sur les deux derniers km, moi je les abandonne là. J'accélère, je vois mon père sur le bord de la route. Il faut que lui rentre dedans pour qu'il me voit, absorbé qu'il était dans sa conversation. 20 mètres après, ma mère, mon amie et mon tout petit Théo m'attendent. Je m'arrête, petite montée de sanglots vite réprimée... J'ai le temps de faire deux photos, et je repars.
Je finis vite, et j'en termine en 3h27'16", et juste derrière moi, Vincent termine en 3h27'33" et Manu en 3h27'37". Les deux énergumènes n'ont rien trouvé de mieux que de se mettre des mines sans arrêt dans les deux derniers kilomètres... Mais Vincent était plus fort et remporte ce superbe duel. Ces deux messieurs s'offrent un negative split dans des conditions dantesques, 1h44'29" au semi, un tout petit peu plus d'1h43' sur la deuxième moitié. On se tape dans la main, les regards brillent, c'est du bonheur en barre ! Je crois que j'ai converti deux adeptes au marathon, et en plus, avec une prépa plus sérieuse et plus longue, je crois qu'ils peuvent aller viser haut à moyen terme.
Sinon ? Théo va bien ! Il a gagné une belle médaille...

lundi 28 avril 2008

Bienvenue Theo !!!


Hier c'était le grand jour... Quel bonheur ! Theo est arrivé parmi nous le dimanche 27 avril à 16h32, il pesait 3,270 kg et mesurait 48 cm à la naissance.

Maman et bébé se portent bien, et papa est ravi ! Les fils que l'ont peut voir sur la photo ne sont là que pour s'assurer que tout va bien...

vendredi 25 avril 2008

Récupération

5 jours après la course, les bilans sont faits, l'heure est à la récupération. Pour la première fois en trois marathons, j'ai pu trottiner dès le lendemain de la course. Evidemment les muscles étaient un peu durs, mais cela n'a pas duré. J'ai pu courir lundi, mercredi et vendredi, et je constate ce soir que j'ai retrouvé en footing les FC qui étaient les miennes avant cette satané crève. Y'a pas un marathon dimanche ?
Blague à part, comme je l'écrivais déjà à chaud, je ne suis absolument pas déçu. C'est comme ça, et ça passera la prochaine fois.
Maintenant, après avoir attendu avec une impatience de gamin la date du marathon, je suis de nouveau impatient de devenir papa... Junior (ou Juniorette, on n'en sait rien...) n'est pas pressé d'arriver. Il doit être bien là où il est. Bon, ce serait bien que ce soit une fille, parce que nous n'avons pas encore réussi à nous accorder sur un prénom masculin (si vous avez des suggestions, n'hésitez pas !).

lundi 21 avril 2008

Marathon de Nantes : impressions mitigées

Au lendemain de ce marathon, j'ai un sentiment bizarre. Je suis passé très loin de l'objectif, et pourtant je ne suis pas déçu le moins du monde. Peut-être frustré, mais rien de plus. Et encore... Fataliste plus vraisemblablement. Pour tout dire, j'ai failli l'écrire sur ce blog dès samedi, mais une espèce de superstition m'en a dissuadé : je savais que ça ne passerait pas.
Une foule de petits indices me montraient que cette fichue crève de la fin de la semaine passée avait contrarié de façon irrévocable mes prétentions chronométriques. Fidèle à moi-même, j'ai quand même tenté le coup en désespoir de cause. Mais il n'y a pas eu de miracle. Je sais que j'ai le potentiel pour réaliser ces 2h45', mais hier n'était pas le jour.
Venons-en aux faits : depuis une semaine, les prévisions météorologiques pour ce 20 avril vers lequel convergent mes pensées sportives depuis des semaines sont calamiteuses. Pluie continue, plus ou moins dense selon les sources d'information. Peut-être du vent. Je me suis fait à l'idée de courir un marathon dans des conditions difficiles. Je me suis persuadé que cela ne me perturbera pas trop.
Finalement, je me lève dimanche matin, pas de pluie. Le temps est bien nuageux, mais c'est sec. Je fais la route vers Nantes accompagné d'un copain qui débute sur marathon et qui vise 3 heures, ainsi que de sa femme et de sa fille. Une grosse heure de route passée à parler de la course, évidemment. Arrivés sur place, nous nous mettons directement en tenue, je fais quelques foulées, les sensations sont bonnes. Finalement, ça va peut-être le faire ?
Je me rends vers la ligne de départ 5 minutes avant le coup de feu, je me place dans les premiers rangs en jouant des coudes (pas de sas), je n'attends presque pas, et c'est parti. Doucement mon gars, tu sais que tu joues serré, donc pas de bêtise. Et ça déborde de tous les côtés. Moi qui vise une place dans les 50, je dois être au moins 90ème après 300 mètres de course. Qu'est-ce qu'ils ont tous ? C'est moi qui suis lent ? Non. Premier kilo en 3'48". OK, c'est pas trop mal. Mais quelle densité devant !!! Deuxième kilo en 3'52". Nickel, je suis dans l'allure dès le 2ème, c'est parfait. Mais quelque chose m'inquiète : je ne me balade pas comme cela devrait être le cas. Bien sûr, je ne suis pas dans le dur, mais là, je devrais être en footing en termes de sensations, et ce n'est pas le cas. Je suis à l'ouvrage. Et il reste 40 kilomètres.
Bon, on va voir, il est vrai que l'échauffement n'était peut-être pas suffisant, il va falloir quelques minutes pour se mettre en route. Eh bien non. Mais là, ce n'est plus ma faute. C'est la faute du mesureur : j'ai beau rester aux côtés de coureurs calés au même rythme que moi, avec un plan de marche pour 2h45', le constat est implacable, 4'08" puis 4'30" puis 4'18". N'importe quoi. J'ai une minute de retard sur le plan de marche au 5ème. Bon, je sais que ces panneaux sont mal placés. Mais je sais aussi dès ce moment là que je n'atteindrai pas l'objectif. Les sensations sont là, et elles ne sont pas bonnes. Je ne trouve pas mon allure confortable, celle où je peux me mettre en "pilotage automatique". Et dire que je ne suis qu'au 5ème !
Alors j'y vais quand même, on verra bien. Finalement, les écarts de mesurage se résorbent, il est vrai que le départ est un peu accidenté, quelques relances, un demi-tour, des virages serrés, des ponts. Je passe au 10ème en 39'25", soit avec 25" de retard. Et je ne suis pas facile comme je devrais l'être. Au moins, j'ai stabilisé l'allure entre 3'53" et 3'55". Au ravitaillement du 10ème, je rattrape un coureur qui s'arrête pour boire. Nous sommes au bord de la Loire, le vent nous est très légèrement défavorable. Presque rien, juste une promesse de retour agréable avec ce léger vent dans le dos. Je file, relativement régulier, juste avant d'arriver au ravitaillement du 15ème km, le même coureur que tout à l'heure me rejoint, et s'arrête de nouveau pour boire. Je le distance donc de nouveau. Passage au 15ème en 58'59". 29" de retard. Ce n'est rien, et c'est même parfait si on vise un negative split. Mais je sais que ce n'est pas mon cas aujourd'hui. Je crois que ma gestion du début de course aurait été parfaite en pleine possession de mes moyens !
Toujours ce léger vent défavorable qui nous caresse le visage, des chemins étroits et relativement boueux, on ne peut parfois pas passer à deux côte à côte. Entre le 18ème et le 19ème km, mon désormais camarade des ravitaillements me rejoint. Nous discutons un peu, on se dit que nous allons bientôt faire demi-tour, que le vent va nous pousser, puis il me lâche légèrement, puis s'arrête au ravitaillement du 20ème. Moi, je prends toujours mon gobelet à la volée, je le distance encore une fois. Mais en fait, en y prenant garde tout à coup, je ne sens plus le vent. Que se passe-t-il ?
Je passe le semi en 1h23', toujours 30" de retard, et j'aborde le pont qui nous permet de passer de l'autre côté de la Loire. A la sortie, je comprends ce qui s'est passé : le vent a tourné. Et maintenant, ce n'est plus une caresse légère... Juste quand je sens que les vains efforts pour m'accrocher aux temps de passage vont m'être facturés ! C'est le pompon. Tiens mon copain me rejoint dès le 22ème. Il me distance. Quand j'arrive au ravitaillement du 25ème, il repart juste et me distance inexorablement. Je fais illusion jusqu'au 28ème, mon dernier kilomètre sous les 4', avec un retour de l'autre côté de la Loire triomphal, puisque je harangue les quelques dizaines de spectateurs postés à cet endroit avec un succès certain : la route est descendante sur quelques mètres...
Et c'est parti pour l'inéluctable : le dernier tiers galère. Je m'accroche. Je passe le 30ème en 1h58'40". Très honorable, mais notoirement insuffisant pour prétendre à quoi que ce soit. Je suis hyper lucide sur ma situation. Je décompte les kilomètres restant, ils défilent finalement relativement vite, je ne m'effondre pas encore. Je limite la casse entre 4'05" et 4'10". Passage au 32ème, avec des hauts parleurs qui crachent "We are the Champions". Ouais. Freddy, si tu savais ce que me promettent les 10 derniers kilomètres, tu ne dirais pas ça. J'arrive au 35ème, je suis lucide, j'accepte de relâcher la cadence afin de ne pas me flinguer, je me permet de prendre mon gobelet en marchant sur 3 pas. Je repars immédiatement. 37ème, on quitte le petit chemin, nous sommes toujours au bord de la Loire, les appuis sont variables, voire carrément mauvais, une petite portion de 150 mètres ressemble à une zone de chantier, on court sur du sable, des gravas : bizarre. Je serre les dents. "Allez la JA". Merci Patrick, je lui réponds ce qu'il avait sans doute compris : "là, j'en chie". Je suis passé en 4'20", 4'25". C'est le chant du cygne. Mais je ne lâche pas pour autant. Je ne sais même plus pour quoi je me bats : 2h45', c'est mort depuis le début. 15km/h, donc 2h48', c'est officiellement cuit depuis le 36ème (passé en 2h23'57"), et je sais que je ne ferai pas non plus moins de 2h50'. Il reste quoi ? Ah oui. Mon record perso : 2h51'59". OK. Je me bats pour ça. Et au 39ème, il faut revenir sur l'île de Nantes. En franchissant, que dis-je, en gravissant un pont... J'ai couru uniquement pour sauver les apparences, je suis persuadé que j'allais aussi vite en marchant.
On m'a annoncé vers le 36ème kilomètre que j'étais 50ème. Figurez-vous que malgré ma misère actuelle, j'ai un bilan net en ma faveur ! Je dépasse des plus miséreux que moi alors que seulement 1 ou 2 coureurs me déposent. Peu avant le 40ème (parcouru en 4'08", oui Monsieur, on a sa fierté, on se vide les tripes), j'ai en ligne de mire un maillot rouge. Il n'avance pas bien vite, je sais que je vais le rattraper. J'arrive à 20 mètres de lui, il décide de me faciliter la tâche en s'arrêtant net dans un râle douloureux... Les marathoniens c'est des cinglés. Et ses copains qui le suivaient l'un en vélo l'autre en courant l'encouragent : "non, tu n'as pas le droit, cours !". Comme s'il y pouvait quelque chose. Je ne vaux guère mieux que lui, mais je cours encore. Ravitaillement du 40ème, je marche de nouveau sur 3 pas pour boire, j'ai vraiment mal aux jambes. Elles sont dures à un point... Et je repars clopin clopant. Le 41ème, OK, je sais où il est, je l'ai vu en arrivant. Mais que le dernier kilomètre est long... Normal, il fait 1295 mètres. Moi j'ai l'impression qu'il en fait 2000. La foule grossit, les arches publicitaires se succèdent, c'est sous laquelle que j'ai le droit de m'arrêter ? Un coureur devant moi fait un écart vers les spectateurs. Il repart avec son fils de 2 ou 3 ans dans les bras pour les 200 derniers mètres. Et je termine, en 2h51'24", 39ème de la course. Soulagé d'en avoir fini.
Aucune émotion à l'arrivée, c'est la première fois sur un marathon. Il n'aurait pas fallu 2 kilomètres de plus : j'étais cuit. J'avance mécaniquement, on me donne un sac plastique contenant de la pub pour des courses à venir, et une voiture miniature. Je cherche la médaille : il n'y en a pas. Super le souvenir... Je m'en fous, de toutes façons, mes médailles, c'est mon neveu qui les récupère à chaque fois !
Je vais me faire masser, la masseuse à beau me demander de me relâcher, je ne peux vraiment pas... Mes cuisses sont en bois. Je retrouve mon copain, pour son baptême du marathon, il fait 2h57', passage au semi en 1h28'30". La classe. Il a "un peu souffert" à partir du 38ème. Frimeur !
Bon, voilà, c'est fait, l'histoire retiendra que j'ai battu mon record. Mais elle ne retiendra sans doute pas grand chose d'autre de ce marathon de Nantes qui me laisse sur ma faim tant au niveau de ma perf personnelle (les organisateurs n'y sont pour rien) qu'au niveau de l'organisation (là, ils y sont pour quelque chose) : je garde un impression d'amateurisme à tous les étages, et surtout aucune espèce de convivialité. J'ai entendu qu'ils avaient l'ambition de faire évoluer leur course jusqu'à en faire une des grandes dates du calendrier français, au niveau de monuments tels que la Rochelle. La route est longue.

mercredi 16 avril 2008

Jusqu'au bout l'incertitude

La dernière ligne droite avant le marathon n'est pas aussi sereine que j'aurais pu l'espérer... Tout le week-end, j'ai été bien malade, une bonne vieille crève m'a bien affaibli.
Je m'en remets tout doucement, je tousse encore un peu, le nez ne coule presque plus, hier soir j'ai pu courir tranquillement, mais ce n'était pas le top. Bon, il reste quelques jours avant l'échéance, je devrais être tout à fait opérationnel pour le jour J. De toutes façons, la préparation est faite, je me repose, et puis il valait mieux être malade la semaine dernière que cette semaine. Soyons positifs !
Encore 4 jours.

A l'image de Pablo (dont le blog est vivement recommandé), qui avait lancé l'idée pour son récent marathon de Paris, j'invite ceux qui souhaitent m'encourager à m'indiquer quel kilomètre du marathon je dois leur dédicacer. Je vous promets de faire de mon mieux pour honorer comme il se doit les kilomètres dédiés à mes supporters ;-)