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jeudi 23 octobre 2008

Ce n'est pas un mur, c'est la Grande Muraille...

Après une longue inactivité sur ce blog, je me devais de faire une mise à jour après le passage de la grosse échéance que constituait le marathon d'Amsterdam. En voici donc le récit :

Le 20 avril dernier, je terminais le marathon de Nantes déçu de ne pas avoir éprouvé de sensations. Je battais mon record d’une trentaine de secondes, mais l’objectif n’était pas vraiment atteint, je voulais descendre nettement sous les 2h50’, et cette maudite crève attrapée une semaine avant m’a empêché de prendre du plaisir sur cette course, je n’ai pas pu espérer ne serait-ce qu’un kilomètre, le feeling n’était pas là. 6 mois plus tard, je remets ça à Amsterdam. Cette fois-ci, j’ai bien pris garde de ne pas attraper froid à quelques jours de l’échéance, toutes les séances sont passées, la période de relâchement a été ultra bénéfique, la dernière séance d’allure spé marathon le montre : les pulsations sont basses, je suis en forme. C’est la première fois que j’ai l’impression de vraiment tout maîtriser.
Je prends donc le départ avec une grosse confiance, et surtout la ferme intention de ne pas me brûler dès le départ. Je pars donc volontairement en-dedans, sans chercher à slalomer, j’attends juste que la route se dégage. C’est ainsi que je passe le premier kilo en 4’03’’, facile, les pulses sont très au niveau attendu, malgré l’excitation liée à la course. Je suis bien dans mes baskets… Déjà, je suis content d’être là, je prends un gros plaisir à courir, je suis facile, c’est cela que je cherche dans le marathon, c’est génial. Allez, cette fois-ci, c’est parti, c’est mon jour ! Les kilos sont un peu bizarres au début : j’enfile le 4ème et 5ème en 8’24’’ au total (que se passe-t-il ? je suis si lent ?) puis le 6ème et 7ème en 6’51’’ (ahhhhh ! c’était juste la faute des panneaux !). Je suis un poil rapide, les kilos s’enchaînent légèrement sous les 3’50’’, il va falloir que je corrige cela. Je suis au 10ème km en 38’42’’, une vingtaine de secondes d’avance. Les pulses sont OK, entre 167 et 169 selon les km, ça va. C’est peut-être un peu tôt pour être déjà si haut, mais je pense que c’est bon. Je me cale enfin à la bonne allure. Passage du 15ème en 58’09’’ : toujours ces 20’’ d’avance, je suis dans le tempo. Puis on arrive le long de l’Amstel. Et il y a du vent. Il est de face ce coquin. Méfiance… Je me cale dans un groupe, et je trouve un compagnon avec qui nous allons nous relayer pendant quelques kilomètres, prenant le vent chacun notre tour. Les pulses restent maîtrisées, toujours sous 170. On arrive au demi-tour, chouette, maintenant, c’est vent dans le dos. Donc, des kilos a priori rapides, sans tirer sur la machine. Bon, là, malgré mes efforts pour rester sage, je franchis définitivement les 170 pulses. Mais le semi est passé (1h22’10’’, toujours 20’’ d’avance). Et je déroule : 24ème km en 3’45’. Mais, que se passe-t-il ? Nous revenons toujours vers Amsterdam, et le vent se manifeste de nouveau : il a tourné… Je ne l’aurai pas eu longtemps avec moi. Du coup, les pulses continuent de monter, et là ça devient un peu inquiétant : je suis à 174 au 30ème km (1h56’45’’, 15 secondes d’avance). Bon, on va bien voir, les jambes continuent de tourner. J’avance toujours comme un métronome, l’allure est bonne : 31ème en 3’56’’, 32ème en 3’55’’. Il reste 10 km. Mais je sens que ça devient compliqué. Le petit groupe devant moi s’éloigne lentement. Et là, je suis toujours à 15 km/h, mais je sais déjà que mon sort est scellé. Je sens que les réserves sont presque vides, et que je n’en ai plus pour longtemps. J’essaie quand même… Mais cela devient soudain très difficile. Le 33ème passe en 4’03’’… Le 34ème en 4’11’’, le 35ème en 4’24’’, le 36ème en 4’23’’… C’est terminé. J’ai encore une grosse avance sur le plan B (2h48’) et même sur le plan C (2h50’), mais je sais bien que c’est mort. Mon réservoir est à sec. Le moteur commence à tousser… Et là, je passe sous un pont juste avant le 37ème km, en remontant, pour la première fois je marche. Je me dis que, quitte à marcher, autant le faire dans une montée, je perdrais moins de temps qu’ailleurs… 37ème km en 5’02’’. Le chant du cygne : je parviens à trouver la force de courir un peu pour faire le 38ème km en 4’26’’, je me demande encore comment j’ai fait. Le 39ème est encore « honnête » : 4’53’’, mais à quel prix ? J’ai beau essayer, je n’ai plus rien dans les jambes. Impossible de courir. Et je commence à avoir faim. Très faim… Je me dis que le ravitaillement du 40ème est bien loin… Il est bien trop loin ! Je marche, je marche, je n’arrive même pas à marcher vite. J’essaie de courir, un coureur mal en point comme moi m’encourage, et nous courrons côte à côte au moins… 150 mètres. Et je remarche. Je suis sans force. Je réclame du sucre : une petite fille en sort de sa poche 2 morceaux enveloppés dans du papier, et elle me pousse à courir de nouveau : désolé petite supportrice sympathique, j’aurais bien voulu, mais je ne pouvais pas. Un immense merci quand même, sans toi, je ne pense pas que j’aurais pu terminer. Je commençais à ce moment à avoir la tête qui tournait, ça va un peu mieux ensuite. Mais je ne peux plus courir. 40ème km : 7’16’’. Je suis à ce moment en 2h43’. Même les 3 heures paraissent inatteignables. Je me restaure au ravitaillement, j’ai bien dû boire 5 verres de boisson énergétique, 2 bananes, 3 verres d’eau. Et je repars, mais toujours en marchant. J’essaie de me relancer : crampe au mollet droit. Il ne manquait plus que ça ! OK. J’ai compris. Je marche. 41ème km : 10’22’’. Le pire, c’est que je suis hyper lucide. Et je ne souffre pas (sauf des crampes, mais quand je marche, elles me laissent tranquille), je n’ai juste pas de carburant. Et je repense à la veille de la course, à notre recherche désespérée d’un resto qui servirait des pâtes : ils étaient tous pris d’assaut. On s’est contenté d’un bon repas, mais pas adapté aux besoins de marathoniens. Et je me rappelle de ce petit déjeuner de ce matin, finalement bien léger quand on y pense. Mais bon sang ! Ça t’est déjà arrivé ces trucs : tu ne bouffes pas assez avant la course. Je croyais que tu étais vacciné ! Eh bien non. C’est mon 5ème marathon, et je ne sais toujours pas aborder cette épreuve. C’est en faisant des erreurs qu’on apprend paraît-il. Eh bien moi, j’apprends lentement…
Bon, maintenant, il s’agit de terminer la plaisanterie. Je marche encore et encore, je vois le stade. Je rassemble mes dernières forces, et à 100 mètres de l’entrée du stade, je cours. J’arrive à l’entrée du tunnel, et là, cerise sur le gâteau : crampes simultanées aux deux quadriceps. Je suis cloué au sol, je ne peux pas avancer. Je hurle de douleur. Un bénévole me dit : « only 300 meters left ! go on ! » et moi je ne peux que lui répondre : « but I cannot make a single step !!! ». Un type demande à passer de l’autre côté du grillage, il est kiné. Il passe, je ne sais pas ce qu’il me fait, il ne tire pas sur mes jambes, j’ai juste l’impression qu’il passe ses paumes sur mes quadris douloureux, la douleur passe. Cela fait juste 3 minutes que je suis là comme un con à l’entrée du stade… Au total, je vais y passer 5 bonnes minutes. Je repars clopin-clopant, j’entre dans ce stade, et à 50 mètres de la ligne d’arrivée, je décide de finir quand même en courant. Résultat : les 1295 derniers mètres en plus de 15 minutes, un temps final de 3h08’51’’. Bien loin de mes espérances. Mais ça fait longtemps que je me suis fait une raison, d’ailleurs, je souris au photographe…
Je ne suis même pas déçu, juste une immense frustration, car je sais que j’étais fort. Ce qui est arrivé est ma faute, que cela me serve de leçon. Peut-être qu’un jour je saurai courir un marathon, ce n’est pas encore le cas. Merci Charlie pour cette prépa qui s’est avérée parfaite, désolé d’avoir déconné… Mais qu’on se le dise : I’ll be back.

lundi 26 mai 2008

Baptême du marathon sous le déluge


Samedi, j'ai participé à cet apocalyptique marathon du Mont Saint Michel, un mois après avoir couru celui de Nantes. Cette fois, l'objectif n'était pas de faire un temps, mais d'emmener les copains au bout de leur premier marathon. Les niveaux de préparation étaient hétérogènes, mais ils allaient de "un peu juste" à "carrément insuffisant". Le "carrément insuffisant" a évidemment abandonné au 27ème, mais les "un peu juste" ont réalisé un petit exploit. Ils n'avaient aucune idée de l'allure à suivre (pour les deux personnes dont je parle, il s'agissait de la première course sur route DE LEUR VIE !!! => un footeux et un pongiste, qui ont préparé la course "au feeling", sur la base des quelques conseils que j'ai pu leur donner, depuis un mois et demi), j'ai jugé, sur ce que je connaissais d'eux, que je pouvais les emmener sur 3h30'. Facile : 5'/km. En fait, j'avais décidé d'aller un peu plus vite (entre 4'50" et 4'55") afin de pouvoir prendre les ravitos tranquillement, en marchant sur quelques mètres.
Nous partons sur ces bases, ne nous laissant nullement perturber par la pluie. Tout de suite dans l'allure : 5'02 au premier km, avec les embouteillages du départ, puis 4'50" au 2ème, c'est parti. Nous sommes 4 (Vincent le footeux (mon frère),Manu le pongiste, Mr "prépa insuffisante" et moi). Je leur parle beaucoup, je les saoule de conseils, je dois prononcer le mot "prudence" 20 fois par minute...
Premier ravitaillement, la consigne est claire : on ne loupe pas le moindre ravitaillement, on prend sa bouteille en courant, on se dégage de la zone, puis on marche afin de se ravitailler correctement. 10 pas, puis on court de nouveau. J'ai affaire à des élèves studieux, les consignes sont appliquées à la lettre, on ne perd presque pas de temps, le km du ravito est fait en 5'08".
La course se poursuit, Mr "prépa insuffisante" ne veut pas encore le reconnaître, mais il est évident qu'il ne pourra pas suivre notre rythme. Je le lui dis, il persiste à s'accrocher, nous ne sommes pas au 10ème, je sais qu'il se prépare à une immense galère dont il ne soupçonne pas l'ampleur... Allez, on continue, le pli est pris, le deuxième ravito se passe parfaitement, il faut même gérer des "pauses techniques", aucun problème, on a le temps.
Mr "prépa insuffisante" commence à faire l'élastique, je lui répète qu'il est inutile d'insister, qu'il devrait accepter de ralentir franchement, il s'accroche quand même. On arrive au 13ème, il est 5 mètres derrière nous, je ralentis, me mets à sa hauteur et élève un peu le ton. Il a compris, il ralentit. Mais il est déjà trop tard, le mal est fait. Nous continuons à 3.
Nous passons le semi, nous sommes systématiquement entre 4'50" et 4'55"/km, sauf pour les ravitaillements, le rythme est parfait. Le temps de passage au semi est d'1h44'30". Impeccable. Mon frère m'impressionne par sa facilité, il ne dit rien, vit sa course. Manu semble être un peu plus à l'ouvrage, mais il enchaîne les kilomètres comme un métronome. C'est lui qui se rend compte quand je m'enflamme trop, il détecte les accélérations : quand il râle, c'est qu'on est en 4'45". S'il ne dit rien, c'est qu'on est dans le tempo. D'ailleurs, je lui dis, alors que nous n'étions que tous les deux, après une pause plus longue au ravito que mon frère : Vincent m'a l'air tranquille, il va claquer les 3h30 sans problème. Je ne le savais pas, mais j'avais à ce moment là construit le nid de sa motivation pour le reste de la course : je l'ai vexé. Il a compris qu'implicitement, je le trouvais moins bien. Et j'avoue qu'à ce moment là, je ne pense pas qu'il tienne la cadence jusqu'au bout.
Au fait, nous avons une autre consigne : quand un enfant tend la main pour qu'on lui tape dedans, au moins l'un de nous trois doit y aller, y compris si c'est de l'autre côté de la route. J'ai la fierté d'annoncer que je crois que nous n'en avons pas manqué un seul ;-)
Bon, mes deux compères sont bien, ils continuent de raconter des conneries de temps en temps, je leur dit que nous arrivons au début de la zone de turbulence, il faut penser à entrer dans sa bulle, et ne plus penser qu'à ses sensations. On se préserve au maximum. Je leur indique qu'à partir du 25ème, on va commencer à ramasser des morts par dizaines. Et ça ne manque pas. Les marc heurs commencent à apparaître. Et même ceux qui ne marchent pas, on les double. Je demande à Manu s'il est bien, s'il pense que le rythme est tenable encore pendant 15 gros kilomètres. "Je crois que oui". Soit. On va voir. Vincent est imperturbable, il avance. Au 26ème, un copain de Manu nous encourage, et fait quelques hectomètres à nos côtés. Il est impressionné par l'état de fraîcheur des troupes. Et Manu est regonflé à bloc.
Je tempère toujours mes compagnons de route : l'échauffement est presque terminé, la course va bientôt commencer. Et pourtant, à voir l'état des concurrents que l'on double, elle est presque terminée pour certain... On arrive au 30ème, je leur dit que le marathon commence ici. Mais Vincent a des fourmis dans les jambes. Je pensais leur lâcher un tout petit peu la bride au 32ème, Vincent prend 3 mètres d'avance, je lui dis qu'il peut partir, mais il doit se méfier, rien n'est gagné... Il accélère très progressivement. Je reste avec Manu, qui tient toujours la cadence. Au 33ème, alors que Vincent a maintenant 200 mètres d'avance, Manu me dit : "je crois bien que ça va tenir jusqu'au bout". Je laisse passer encore deux kilomètres, et je lui dis : "on y va ?". "Ouais". D'accord, c'est parti. Vincent est en point de mire, le meneur d'allure des 3h30' est 300 mètres devant nous. On accèlère gentiment, j'indique à Manu que c'est maintenant qu'il faut s'accrocher. On passe en 4'45", puis 4'40", et Vincent se rapproche. A voir sa foulée, je sais qu'il ne faiblit pas, mais faute du repère qu'il avait avant avec nous, il est dans un faux rythme (il court sans chrono). Nous arrivons au dernier virage, 4 km avant l'arrivée, je vois qu'il y a du monde, je demande à Manu s'il veut une ovation. Bien sûr qu'il en veut une ! Donc je passe en harcelant le public, en levant les bras, en disant que je n'entend rien, en sautant partout... J'entend un spectateur dire que ça n'a pas l'air très dur le marathon...
Nous revenons sur Vincent, le panneau du 40ème s'annonce, et la jonction s'opère pile à cette marque. Je regarde mes deux "presque marathoniens", et je leur dis que je les laisse s'expliquer sur les deux derniers km, moi je les abandonne là. J'accélère, je vois mon père sur le bord de la route. Il faut que lui rentre dedans pour qu'il me voit, absorbé qu'il était dans sa conversation. 20 mètres après, ma mère, mon amie et mon tout petit Théo m'attendent. Je m'arrête, petite montée de sanglots vite réprimée... J'ai le temps de faire deux photos, et je repars.
Je finis vite, et j'en termine en 3h27'16", et juste derrière moi, Vincent termine en 3h27'33" et Manu en 3h27'37". Les deux énergumènes n'ont rien trouvé de mieux que de se mettre des mines sans arrêt dans les deux derniers kilomètres... Mais Vincent était plus fort et remporte ce superbe duel. Ces deux messieurs s'offrent un negative split dans des conditions dantesques, 1h44'29" au semi, un tout petit peu plus d'1h43' sur la deuxième moitié. On se tape dans la main, les regards brillent, c'est du bonheur en barre ! Je crois que j'ai converti deux adeptes au marathon, et en plus, avec une prépa plus sérieuse et plus longue, je crois qu'ils peuvent aller viser haut à moyen terme.
Sinon ? Théo va bien ! Il a gagné une belle médaille...

vendredi 25 avril 2008

Récupération

5 jours après la course, les bilans sont faits, l'heure est à la récupération. Pour la première fois en trois marathons, j'ai pu trottiner dès le lendemain de la course. Evidemment les muscles étaient un peu durs, mais cela n'a pas duré. J'ai pu courir lundi, mercredi et vendredi, et je constate ce soir que j'ai retrouvé en footing les FC qui étaient les miennes avant cette satané crève. Y'a pas un marathon dimanche ?
Blague à part, comme je l'écrivais déjà à chaud, je ne suis absolument pas déçu. C'est comme ça, et ça passera la prochaine fois.
Maintenant, après avoir attendu avec une impatience de gamin la date du marathon, je suis de nouveau impatient de devenir papa... Junior (ou Juniorette, on n'en sait rien...) n'est pas pressé d'arriver. Il doit être bien là où il est. Bon, ce serait bien que ce soit une fille, parce que nous n'avons pas encore réussi à nous accorder sur un prénom masculin (si vous avez des suggestions, n'hésitez pas !).

lundi 21 avril 2008

Marathon de Nantes : impressions mitigées

Au lendemain de ce marathon, j'ai un sentiment bizarre. Je suis passé très loin de l'objectif, et pourtant je ne suis pas déçu le moins du monde. Peut-être frustré, mais rien de plus. Et encore... Fataliste plus vraisemblablement. Pour tout dire, j'ai failli l'écrire sur ce blog dès samedi, mais une espèce de superstition m'en a dissuadé : je savais que ça ne passerait pas.
Une foule de petits indices me montraient que cette fichue crève de la fin de la semaine passée avait contrarié de façon irrévocable mes prétentions chronométriques. Fidèle à moi-même, j'ai quand même tenté le coup en désespoir de cause. Mais il n'y a pas eu de miracle. Je sais que j'ai le potentiel pour réaliser ces 2h45', mais hier n'était pas le jour.
Venons-en aux faits : depuis une semaine, les prévisions météorologiques pour ce 20 avril vers lequel convergent mes pensées sportives depuis des semaines sont calamiteuses. Pluie continue, plus ou moins dense selon les sources d'information. Peut-être du vent. Je me suis fait à l'idée de courir un marathon dans des conditions difficiles. Je me suis persuadé que cela ne me perturbera pas trop.
Finalement, je me lève dimanche matin, pas de pluie. Le temps est bien nuageux, mais c'est sec. Je fais la route vers Nantes accompagné d'un copain qui débute sur marathon et qui vise 3 heures, ainsi que de sa femme et de sa fille. Une grosse heure de route passée à parler de la course, évidemment. Arrivés sur place, nous nous mettons directement en tenue, je fais quelques foulées, les sensations sont bonnes. Finalement, ça va peut-être le faire ?
Je me rends vers la ligne de départ 5 minutes avant le coup de feu, je me place dans les premiers rangs en jouant des coudes (pas de sas), je n'attends presque pas, et c'est parti. Doucement mon gars, tu sais que tu joues serré, donc pas de bêtise. Et ça déborde de tous les côtés. Moi qui vise une place dans les 50, je dois être au moins 90ème après 300 mètres de course. Qu'est-ce qu'ils ont tous ? C'est moi qui suis lent ? Non. Premier kilo en 3'48". OK, c'est pas trop mal. Mais quelle densité devant !!! Deuxième kilo en 3'52". Nickel, je suis dans l'allure dès le 2ème, c'est parfait. Mais quelque chose m'inquiète : je ne me balade pas comme cela devrait être le cas. Bien sûr, je ne suis pas dans le dur, mais là, je devrais être en footing en termes de sensations, et ce n'est pas le cas. Je suis à l'ouvrage. Et il reste 40 kilomètres.
Bon, on va voir, il est vrai que l'échauffement n'était peut-être pas suffisant, il va falloir quelques minutes pour se mettre en route. Eh bien non. Mais là, ce n'est plus ma faute. C'est la faute du mesureur : j'ai beau rester aux côtés de coureurs calés au même rythme que moi, avec un plan de marche pour 2h45', le constat est implacable, 4'08" puis 4'30" puis 4'18". N'importe quoi. J'ai une minute de retard sur le plan de marche au 5ème. Bon, je sais que ces panneaux sont mal placés. Mais je sais aussi dès ce moment là que je n'atteindrai pas l'objectif. Les sensations sont là, et elles ne sont pas bonnes. Je ne trouve pas mon allure confortable, celle où je peux me mettre en "pilotage automatique". Et dire que je ne suis qu'au 5ème !
Alors j'y vais quand même, on verra bien. Finalement, les écarts de mesurage se résorbent, il est vrai que le départ est un peu accidenté, quelques relances, un demi-tour, des virages serrés, des ponts. Je passe au 10ème en 39'25", soit avec 25" de retard. Et je ne suis pas facile comme je devrais l'être. Au moins, j'ai stabilisé l'allure entre 3'53" et 3'55". Au ravitaillement du 10ème, je rattrape un coureur qui s'arrête pour boire. Nous sommes au bord de la Loire, le vent nous est très légèrement défavorable. Presque rien, juste une promesse de retour agréable avec ce léger vent dans le dos. Je file, relativement régulier, juste avant d'arriver au ravitaillement du 15ème km, le même coureur que tout à l'heure me rejoint, et s'arrête de nouveau pour boire. Je le distance donc de nouveau. Passage au 15ème en 58'59". 29" de retard. Ce n'est rien, et c'est même parfait si on vise un negative split. Mais je sais que ce n'est pas mon cas aujourd'hui. Je crois que ma gestion du début de course aurait été parfaite en pleine possession de mes moyens !
Toujours ce léger vent défavorable qui nous caresse le visage, des chemins étroits et relativement boueux, on ne peut parfois pas passer à deux côte à côte. Entre le 18ème et le 19ème km, mon désormais camarade des ravitaillements me rejoint. Nous discutons un peu, on se dit que nous allons bientôt faire demi-tour, que le vent va nous pousser, puis il me lâche légèrement, puis s'arrête au ravitaillement du 20ème. Moi, je prends toujours mon gobelet à la volée, je le distance encore une fois. Mais en fait, en y prenant garde tout à coup, je ne sens plus le vent. Que se passe-t-il ?
Je passe le semi en 1h23', toujours 30" de retard, et j'aborde le pont qui nous permet de passer de l'autre côté de la Loire. A la sortie, je comprends ce qui s'est passé : le vent a tourné. Et maintenant, ce n'est plus une caresse légère... Juste quand je sens que les vains efforts pour m'accrocher aux temps de passage vont m'être facturés ! C'est le pompon. Tiens mon copain me rejoint dès le 22ème. Il me distance. Quand j'arrive au ravitaillement du 25ème, il repart juste et me distance inexorablement. Je fais illusion jusqu'au 28ème, mon dernier kilomètre sous les 4', avec un retour de l'autre côté de la Loire triomphal, puisque je harangue les quelques dizaines de spectateurs postés à cet endroit avec un succès certain : la route est descendante sur quelques mètres...
Et c'est parti pour l'inéluctable : le dernier tiers galère. Je m'accroche. Je passe le 30ème en 1h58'40". Très honorable, mais notoirement insuffisant pour prétendre à quoi que ce soit. Je suis hyper lucide sur ma situation. Je décompte les kilomètres restant, ils défilent finalement relativement vite, je ne m'effondre pas encore. Je limite la casse entre 4'05" et 4'10". Passage au 32ème, avec des hauts parleurs qui crachent "We are the Champions". Ouais. Freddy, si tu savais ce que me promettent les 10 derniers kilomètres, tu ne dirais pas ça. J'arrive au 35ème, je suis lucide, j'accepte de relâcher la cadence afin de ne pas me flinguer, je me permet de prendre mon gobelet en marchant sur 3 pas. Je repars immédiatement. 37ème, on quitte le petit chemin, nous sommes toujours au bord de la Loire, les appuis sont variables, voire carrément mauvais, une petite portion de 150 mètres ressemble à une zone de chantier, on court sur du sable, des gravas : bizarre. Je serre les dents. "Allez la JA". Merci Patrick, je lui réponds ce qu'il avait sans doute compris : "là, j'en chie". Je suis passé en 4'20", 4'25". C'est le chant du cygne. Mais je ne lâche pas pour autant. Je ne sais même plus pour quoi je me bats : 2h45', c'est mort depuis le début. 15km/h, donc 2h48', c'est officiellement cuit depuis le 36ème (passé en 2h23'57"), et je sais que je ne ferai pas non plus moins de 2h50'. Il reste quoi ? Ah oui. Mon record perso : 2h51'59". OK. Je me bats pour ça. Et au 39ème, il faut revenir sur l'île de Nantes. En franchissant, que dis-je, en gravissant un pont... J'ai couru uniquement pour sauver les apparences, je suis persuadé que j'allais aussi vite en marchant.
On m'a annoncé vers le 36ème kilomètre que j'étais 50ème. Figurez-vous que malgré ma misère actuelle, j'ai un bilan net en ma faveur ! Je dépasse des plus miséreux que moi alors que seulement 1 ou 2 coureurs me déposent. Peu avant le 40ème (parcouru en 4'08", oui Monsieur, on a sa fierté, on se vide les tripes), j'ai en ligne de mire un maillot rouge. Il n'avance pas bien vite, je sais que je vais le rattraper. J'arrive à 20 mètres de lui, il décide de me faciliter la tâche en s'arrêtant net dans un râle douloureux... Les marathoniens c'est des cinglés. Et ses copains qui le suivaient l'un en vélo l'autre en courant l'encouragent : "non, tu n'as pas le droit, cours !". Comme s'il y pouvait quelque chose. Je ne vaux guère mieux que lui, mais je cours encore. Ravitaillement du 40ème, je marche de nouveau sur 3 pas pour boire, j'ai vraiment mal aux jambes. Elles sont dures à un point... Et je repars clopin clopant. Le 41ème, OK, je sais où il est, je l'ai vu en arrivant. Mais que le dernier kilomètre est long... Normal, il fait 1295 mètres. Moi j'ai l'impression qu'il en fait 2000. La foule grossit, les arches publicitaires se succèdent, c'est sous laquelle que j'ai le droit de m'arrêter ? Un coureur devant moi fait un écart vers les spectateurs. Il repart avec son fils de 2 ou 3 ans dans les bras pour les 200 derniers mètres. Et je termine, en 2h51'24", 39ème de la course. Soulagé d'en avoir fini.
Aucune émotion à l'arrivée, c'est la première fois sur un marathon. Il n'aurait pas fallu 2 kilomètres de plus : j'étais cuit. J'avance mécaniquement, on me donne un sac plastique contenant de la pub pour des courses à venir, et une voiture miniature. Je cherche la médaille : il n'y en a pas. Super le souvenir... Je m'en fous, de toutes façons, mes médailles, c'est mon neveu qui les récupère à chaque fois !
Je vais me faire masser, la masseuse à beau me demander de me relâcher, je ne peux vraiment pas... Mes cuisses sont en bois. Je retrouve mon copain, pour son baptême du marathon, il fait 2h57', passage au semi en 1h28'30". La classe. Il a "un peu souffert" à partir du 38ème. Frimeur !
Bon, voilà, c'est fait, l'histoire retiendra que j'ai battu mon record. Mais elle ne retiendra sans doute pas grand chose d'autre de ce marathon de Nantes qui me laisse sur ma faim tant au niveau de ma perf personnelle (les organisateurs n'y sont pour rien) qu'au niveau de l'organisation (là, ils y sont pour quelque chose) : je garde un impression d'amateurisme à tous les étages, et surtout aucune espèce de convivialité. J'ai entendu qu'ils avaient l'ambition de faire évoluer leur course jusqu'à en faire une des grandes dates du calendrier français, au niveau de monuments tels que la Rochelle. La route est longue.

jeudi 10 avril 2008

La longue attente

Aujourd'hui, j'ai fait ma dernière séance "spé marathon", destinée à imprimer l'allure du marathon à utiliser le jour J. C'était la toute dernière "vraie" séance, même si le volume en était relativement faible. Eh bien, on peut dire que cela a été un vrai fiasco. Je devrais même écrire un Fiasco avec une majuscule tellement cette séance était pourrie. Ce n'est pourtant pas compliqué : on prend un parcours mesuré, tous les 1000 mètres on regarde le temps, il doit être aussi proche que possible de 3'54". Depuis le temps que je prépare ce marathon, je devrais savoir à peu près où elle se situe cette allure. Bon OK, j'ai tendance à toujours aller un peu vite, mais bon, pas trop... Aujourd'hui, j'ai eu l'impression au départ de me retenir plus que d'habitude, je me suis dit : "pour une fois, je vais être sur l'allure tout de suite". Passage aux 500 mètres : 1'48". Parfait, je suis sur les bases de 3'36", je suis en train de me faire une spé 10 km, c'est nickel... Je ralentis, je passe en 3'45" (je sauve les meubles !), 2ème km en 3'53", OK c'est bon, j'y suis je ne bouge plus. 3ème km : 3'47". Trop vite. Et 3'50" pour finir : encore trop vite. Allez, je récupère, ce coup là, je fais gaffe, je tiens l'allure. Premier km : passage en 3'41". OK. Ca me gonfle. Je sors du circuit mesuré, je me fie au cardio et je finis aux sensations, de toutes façons, cette séance est pourrie.
Donc, bilan des opérations, je suis à 10 jours du marathon, et je ne maîtrise toujours pas l'allure. Et le risque est grand de partir trop vite, ce qui sur marathon est juste un peu dangereux.
Il faut que je mette à profit ces 10 jours qui restent, qui paraissent toujours longs quand on attend avec impatience l'échéance, pour m'assagir, me ralentir, me maîtriser. Sinon, la sanction sera inéluctable : une bonne grosse plantade pour gâcher toute une préparation...
Ce soir, je crois que je doute... Mais ça ne va pas durer ! Allez, dès demain je reprends le dessus. N'empêche que là, maintenant, je suis aux fraises...

lundi 31 mars 2008

Le semi de préparation

Il reste 3 semaines avant le jour J, il était donc temps de courir le semi de préparation. J'ai donc participé à la course de Liffré. Le départ était fixé à 9h30, j'avais 1h15 de route pour m'y rendre, je voulais arriver pour 8h30... Bref, je suis parti à 7h15, un dimanche matin ! Ah, au fait, c'était ce week-end que nous passions à l'heure d'été. Autant dire que la nuit a été courte.
Allons, ne nous apitoyons pas, on est des sportifs, non ? Et puis la météo à l'air chagrin ce matin. Tout pour plaire ce semi !
Les consignes du jour sont les suivantes : frein à main jusqu'au 10ème kilomètre (allure marathon : 3'54"/km), puis accélération ensuite. Et le coach est là qui veille au respect des consignes ! Il a raison de le rappeler, si près du but, il n'est pas question de brûler les cartouches.
Je me suis positionné près de Thierry (de mon club, également entraîné par Charlie au départ, pour lui ce semi est un objectif. Il souhaite partir sur les bases d'1h21'30" environ. Il faut donc que je le laisse me décrocher au début. Le départ est donc donné, Thierry part légèrement devant moi (normal), le départ étant en descente, je suis évidemment un peu rapide au premier kilo. Pas de souci. Ensuite, je reviens sur Thierry au 3ème km, alors que je suis un peu lent par rapport à mes marques. Je le lui signale en revenant à sa hauteur, il décide effectivement d'accélérer, et de reprendre une allure plus conforme à son objectif du jour.
En ce qui me concerne, je suis à l'aise (heureusement), quoiqu'un peu rapide, mais ce parcours qui voit les côtes succéder aux descentes empêche de trouver un rythme de croisière. Dans le doute, je vais toujours un peu trop vite... La pluie et le vent n'arrangent rien quand il s'agit de trouver des repères. J'essaie cependant de me raisonner, et je passe au 10ème kilo en 38'49", soit avec 11" d'avance sur le programme. C'est acceptable, mais les kilomètres n'ont pas été très réguliers... Dès le panneau dépassé, j'accélère sensiblement et je commence à remonter les coureurs un à un. Je vois Thierry une bonne centaine de mètres devant moi, il à l'air bien, il a lâché le groupe dans lequel il était, je fini par le rejoindre au 15ème, dans une bosse. Je l'encourage en le passant, il s'accroche. Et nous continuons de remonter... J'ai le feu vert pour accélérer franchement, mais les conditions météo ne m'incitent pas à me mettre dans le rouge : j'adopte donc une belle allure, sans toutefois chercher la limite. Je vais donc remonter très progressivement sur le groupe qui entoure la première féminine (Sandra Latimier, qui a déjà couru le marathon en 2h49, chapeau !), je les dépasse à 1500 mètres de l'arrivée. J'accélère encore un peu et c'est déjà l'arrivée sur la piste détrempée, Thierry est tout près, à 50 mètres ! Je fini en 1h20'38", il réalise 1h20'47" et explose son record perso. Sa joie fait plaisir à voir, j'ai la chance d'être le premier à le féliciter, suivi de près par Charlie tout aussi ravi que son athlète et Bruno, un autre membre de la glorieuse équipe senior de cross de la JA Melesse (également entraîneur). Merci à eux de nous avoir encourager sous la pluie et dans le vent : ce sont de vrais passionnés, et de fins connaisseurs qui savent situer la performance de Thierry à son juste niveau.
Et voilà comment cette simple course de préparation a pris une saveur toute particulière, puisqu'elle a été l'occasion de partager ce beau moment avec des copains, tous autant ravis de la performance de l'un d'entre eux...
Allez, j'attaque la dernière semaine de préparation, après je fais du JUS !!!

lundi 24 mars 2008

Encore 4 semaines avant l'objectif...

Le détail de cette semaine :
Mardi : footing tranquille, 1 heure
Mercredi : 12x500 mètres en 1'36"6 de moyenne, récup 50"
Jeudi : 1h15 footing, allures variées dont 15' allure semi à la fin
Samedi : séance spé marathon, 9000 + 5000, base 3'54"/km, récup 2'
Dimanche : sortie longue, effectuée à l'occasion du semi marathon de Saint André des Eaux.

La progression est régulière, je me sens de mieux en mieux dans les allures spécifiques. J'ai eu un peu de mal mercredi sur les 500, mais c'est passé. Le lendemain, je redoutais la séance, elle est difficile par elle-même, mais ayant en plus souffert sur les 500 de la veille, je pensais que j'allais avoir du mal à tenir... Je me suis presque "promené" !
La séance d'allure spécifique, hormis son côté rébarbatif (je n'ai pas de parcours étalonné sur la route donc j'effectue ces séances sur piste... 9 km, c'est 22 tours et demi), ne m'a posé aucun problème. J'ai constaté à cette occasion que ma fréquence cardiaque à l'allure spécifique a encore diminué : tant mieux !
Enfin, dimanche, je suis donc allé courir un semi-marathon afin d'égayer la sortie longue prévue ce jour là. Je suis retourné à Saint André des Eaux, qui m'avait servi de semi de prépa l'an dernier juste avant le marathon de Paris (j'y avais établi mon record sur semi). Les conditions étaient presque idéales hormis un peu de vent, mais rien de bien méchant.
Je suis parti tranquille, aux alentours de 4'15"/km jusqu'aux environs du 10ème km, puis j'ai accéléré progressivement, et j'ai eu la surprise de me retrouver en moins de 3'50"/km alors que ma FC ne montait pas plus haut que 161... Résultat, je mets 1h25'10" sur le semi, alors que j'étais en sortie longue, sans tirer sur la machine ! J'ai été pris de court, la sortie longue devait durer un peu plus (évidemment, j'avais pris soin de commencer avant le départ), mais je pensais que j'aurais été plus proche d'1h30'... J'ai donc continué à courir encore un peu après l'arrivée pour que le compte y soit.
Allez, on ne lâche rien, on tient le rythme, ça va le faire !!!

lundi 17 mars 2008

Bilan de la semaine passée

Une semaine de plus dans ma préparation, toujours pas le moindre accroc : pourvu que ça dure !!!
Cette semaine, le programme était le suivant :
- mardi : footing allures variées, en finissant sur 15' d'allure semi (total 1h15'), une séance assez "costaude", mais qui passe bien
- mercredi : séance de travail de l'allure spécifique marathon 6000 - 5000 - 3000 sur la base de 3'54"/km, 2' récup entre les répétitions. Comme d'habitude, cette séance passe toute seule, j'ai même tendance à aller un peu trop vite.
- jeudi : footing régé 50'
- samedi : compétition sur un cross. J'y reviens ensuite...
- dimanche : sortie longue, 1h40' en accélérant progressivement jusqu'à l'allure marathon pendant 20' à la fin. Les sorties longues, pour le moment, ne me posent aucun problème... Tant mieux !

Revenons donc à ce cross que j'ai couru samedi. Sur le papier, c'était écrit : parcours de type trail, pointes déconseillées. Pas de bol, il a plu pendant la semaine, le parcours était très gras par endroits, il fallait souvent faire en sorte de contrôler les inévitables glissades... J'avais enfilé les chaussures de trail (je n'avais pas emmené les pointes, je suis trop discipliné parfois...) alors que les deux tiers des concurrents étaient correctement équipé pour le terrain qui s'offrait à nous. Le parcours n'est pas très dur, mais quelques belles bosses viennent casser les pattes, et surtout il faut se méfier dans les descentes, la glissade menace toujours. Cela ne part pas très vite, je suis deuxième au bout de 200 mètres ! Et pourtant je suis parti prudemment. Je laisse passer devant moi tous ceux qui le souhaitent, je suis 7ème au bout de 2 kilomètres. Nous attaquons alors les "grandes boucles" (plus de 4 km !!!), dans la première de ces grandes boucles, je n'ai pas de sensations, j'ai l'impression de plafonner, le groupe devant moi s'éloigne petit à petit. Et pourtant je ne vais pas vite... Au passage sur la ligne, soit à un peu plus de 4 km de l'arrivée, les sensations reviennent un peu, et je reviens sur deux coureurs qui m'avaient distancé. Je fini par les rejoindre, et par les décrocher : incroyable, j'ai retrouvé mes jambes ! Je les dépose, et je termine la course très facile, en accélérant en continu sur les derniers hectomètres. Je termine donc 5ème, les 11,4km (à peu près...) en 43'50", ce qui me paraît bien vu le profil de la course et l'état des chemins.
Je n'étais pas inquiet, mais ce résultat me donne le moral, d'autant plus que les premiers ne sont qu'une petite minute 30 devant moi, et même s'ils n'étaient pas à fond, ce sont des garçons qui valent moins de 33' sur 10 km, cela permet d'évaluer à la louche la performance.
Allez, on garde le rythme, et demain on reprend pour cette nouvelle semaine de préparation par un footing de régénération qui sera le bienvenu !!!

vendredi 14 mars 2008

Une petite compétition en passant...

Demain, et pour la première fois depuis la fin de la saison de cross (1 mois déjà...), j'aurai le plaisir de participer à une compétition. Il s'agit d'une course nature réservée aux personnels hospitaliers et à leur famille. La distance à parcourir sera d'environ 11,7km, je n'ai aucune idée de l'opposition qui sera présente. J'ai carte blanche pour courir à fond, je ne vais pas me priver de ce plaisir !!!
Et il faudra enchaîner dimanche avec la sortie (pas trop) longue : 1h40'.
J'ai déjà hâte d'y être !

mercredi 19 septembre 2007

Euskal Endurance - le récit

Afin de mettre tous les atouts de mon côté dans la perspective d’aller au bout de la prochaine Diagonale des Fous, et étant donné mon inexpérience totale à la fois du long et du dénivelé, il m’est apparu indispensable de m’aligner sur une épreuve d’ultra en montagne, « pour voir ». Ce sera donc l’Euskal Endurance, une boucle de 65 km et 3700 m D+ dont le départ et l’arrivée se situent à Saint Etienne de Baïgorry, petit village typique du pays Basque.
Cette épreuve sera pour moi l’occasion de tester le matériel (les chaussures, le sac à dos, les vêtements, …) mais également la gestion de course (que ce soit la répartition de l’effort ou la gestion de l’alimentation).
L’arrivée la veille de la course, en milieu d’après-midi, me permet d’aller tranquillement retirer mon dossard, et d’observer mes futurs compagnons d’aventure… J’ai lu quelque part qu’il n’y avait rien de plus banal qu’un coureur d’ultra. Ce n’est peut-être pas tout à fait vrai, mais il faut bien concéder que les profils sont variés : cela va du jeune loup au visage taillé à la serpe jusqu’à la petite quinquagénaire, dont le physique ne laisse pas deviner qu’elle va se lancer dans une aventure démesurée pour le commun des mortels. Un détail semble cependant réunir tous ces athlètes : un regard plein de détermination, de sérénité.
Après avoir bu un échantillon de la bière locale et dépensé quelques euros dans les spécialités locales (une tome d’Ossau Irraty et une caisse de vin blanc d’Irouléguy), vient l’heure de la Pasta Party. L’ambiance est très décevante : sans doute la proximité du départ, et l’ampleur de la tâche à accomplir viennent elles calmer les ardeurs des coureurs. On parle à voix basse, et surtout on ne s’attarde pas. Il est vrai que le départ est donné à 6 heures, et que le contrôle des sacs est effectué dès 5h15… La nuit sera donc courte.
Malgré cela, le sommeil a été bon, et c’est sans difficulté que je me lève à 4h15. Je me prépare rapidement, je mange en me forçant un peu, sachant que je ne risque pas de trop manger, vu ce qui m’attend d’entrée de course… Il est 5 heures, et le centre du village est plein de trailers…
Le contrôle des sacs est une formalité vite expédiée, mais c’est l’occasion de me rendre compte que l’équipement obligatoire n’est pas respecté par tous. Je dois être l’un de ceux qui ont le sac le plus lourd, et pourtant j’ai le minimum : 1,5 l d’eau, un vêtement contre la pluie et le froid, une couverture de survie, un sifflet et quelques barres de céréales et autres gels. Bon, j’admets que j’ai également un téléphone portable, ainsi qu’un appareil photo… mais je ne suis pas sûr que cela explique la différence de volume de mon sac avec ceux de certains… Tant pis, au moins je ne manquerai de rien. J’observe une fois encore les concurrents qui m’entourent, la plupart sont équipés de bâtons, ce n’est pas mon cas. J’entends derrière moi une voix qui me paraît ‘expérimentée’, de fait, le propriétaire de cette voix est un vaillant V4, en pantalon trois quart en toile, quand d’autres disposent de tenues high tech… Sa sérénité au départ dans cette effervescence m’a paru impressionnante. L’attente passe finalement assez vite, et bien que je n’aie rien entendu, il semble que le départ ait été donné, puisque le peloton s’ébranle.
Nous partons tout d’abord pour un petit tour du village destiné à étirer un peu la troupe avant d’attaquer la première difficulté. Je suis surpris par le rythme élevé imprimé par les premiers, et surtout par la quantité de coureurs qui me passent devant alors que j’ai l’impression de partir trop vite… Je me raisonne cependant, je n’ai que trop conscience de la difficulté de ce qui m’attend. Nous abordons finalement une pente au pourcentage respectable et j’essaie de courir aussi longtemps que c’est possible, c'est-à-dire pas longtemps du tout. Nous sommes encore sur le bitume pour quelques dizaines de mètres, puis nous attaquons l’ascension d’Autza. Le chemin est très étroit, il ne fait jamais plus de 30 centimètres de large. Nous ne le distinguons pas vraiment puisqu’il fait nuit, et que nos frontales n’éclairent pas très loin, mais le chemin est à flanc de montagne, et la pente à notre droite est abrupte, il ne s’agit pas de mettre un pied hors du chemin, sinon la chute serait douloureuse… Du coup, je décide de pencher à gauche, comme ça, si je dois tomber, ce sera dans les fougères, et pas dans le vide ! J’emboîte le pas d’un solide gaillard qui semble être du coin, il connaît la course dans les moindres détails. J’écoute avec attention tous les conseils qu’il donne, il me demande si je veux passer, je réponds que non, bien m’en a pris… En levant la tête (événement rare, tant je prenais garde à regarder où je mettais les pieds…) je distingue une splendide guirlande de lumières au-dessus de moi (très au-dessus) et cette guirlande continue de serpenter très en-dessous de moi. Le spectacle est magique, mais me fait également prendre conscience que cette montée que je trouve déjà difficile est loin d’être terminée. A peu près aux deux tiers de la pente, un léger replat, je crois que c’est terminé, mais c’est pour mieux repartir… La fin de l’ascension est très pentue, les derniers 100 mètres de dénivelé sont interminables. Enfin c’est fait, au bout de deux heures d’effort, je suis à 1300 mètres d’altitude (nous sommes partis de 150 mètres). Déjà plus de 1000 mètres de D+ gravis, un peu moins du tiers du total de la course. Deux heures de course donc, et j’ai parcouru… 8 kilomètres !!! Qu’ils sont lointains mes repères de routard !
L’inconvénient sur les courses de montagne, c’est qu’après avoir franchi un sommet, il faut immédiatement redescendre. Et la descente n’est jamais de tout repos… Le sol n’est pas régulier, et surtout les pieds claquent, les cuisses encaissent… Le premier ravitaillement intervient au terme de cette descente, à Berdaritz, au km 16, à 685 m d’altitude, après 2h45 de course. Un verre de coca, deux verres d’eau gazeuse, le temps de manger une barre de céréale et de remettre la frontale dans le sac, c’est reparti. Immédiatement, nous voilà dans la seconde ascension du jour, qui nous mènera à 1188 mètres d’altitude, celle d’Argintzu. Je pars d’un bon pas (j’ai renoncé depuis longtemps à courir dans les côtes…), le pourcentage est raisonnable. Après un léger replat qui m’a donné l’occasion de courir un peu, j’attaque la deuxième partie de l’ascension, et là je tombe sur un véritable mur. Je me doutais bien que je ne m’alimentais pas assez régulièrement, mais j’en constate les premiers effets. Rien de bien méchant pour le moment, mais je ne suis pas au top… Bref, cela ne va pas m’aider dans l’immédiat. Ce mur est d’une telle difficulté que je suis contraint de mettre les mains pour faciliter ma progression. Heureusement cette partie ne dure pas très longtemps, mais c’est à peine plus facile derrière. Je peine vraiment. Je surveille mon altimètre avec inquiétude, je ne vois pas le bout de cette difficulté. J’en viens cependant finalement à bout, mais le constat s’impose : je n’ai parcouru que 26 km, il m’en reste 40, et je ne suis pas au mieux. C’est pas gagné. Nouvelle descente, pas trop méchante, ravitaillement, encore une occasion perdue de me refaire la cerise, je repars… J’attaque la montée de l’Adi, qui nous emmènera au point culminant de la course, à 1450 m d’altitude. Dans les premiers hectomètres de montée, je dépasse un petit bout de femme qu’il me semble bien avoir déjà doublé bien plus tôt dans la course. Elle a un secret, c’est sûr. Pour l’instant je n’en fais pas cas, nous sommes sur un chemin forestier, la pente est relativement douce, je me dis que finalement l’Adi c’est haut, mais ce n’est pas si dur… Et je tourne à gauche pour sortir du chemin forestier, je suis désormais à découvert, au milieu des moutons et des pottocks (ces petits chevaux sauvages typiques), et je suis devant sa Majesté l’Adi. Il se dresse devant moi, il me reste 300 mètres de dénivelé avant d’en atteindre le sommet, et la pente n’est plus la même. C’est impensable. Je fais des pas de 10 centimètres au prix d’efforts considérables, j’ai l’impression de ne pas avancer, et pourtant je vais plus vite que mes compagnons de course du moment… Voilà que je ressens de nouveau les effets de ma mauvaise gestion de l’alimentation. Je lutte, j’atteins une partie de la montée encore plus difficile si c’était possible : la pente est la même, mais ce n’est plus de l’herbe, mais des grosses pierres qu’il s’agit de franchir. Chaque pas est une épreuve. Je distingue les pointeurs au sommet qui ne sont qu’à 200 mètres de moi, mais les efforts pour les rejoindre sont démesurés. Finalement, j’y parviens, trop content je m’arrête, je me fais prendre en photo dans ce lieu magique où la vue est splendide par un concurrent bien sympathique. J’amorce la descente, symétrique de la montée, c'est-à-dire qu’elle présente une déclivité impressionnante. Pour atténuer cela, la stratégie majoritaire consiste à dessiner des courbes de plus moins grand rayon… jusqu’au moment où je vois débouler à côté de moi le petit bout de femme dont je parlais un peu plus haut : je viens de découvrir son secret. C’est une descendeuse hors pair, elle descend tout droit dans la pente, sans se poser la moindre question, et surtout sans que ses cuisses ne la fassent apparemment souffrir. Je suis bluffé, et l’écart qu’elle creusera dans cette descente sera suffisant pour que je ne la revoie qu’à l’arrivée.
Bon, le moral est à la hausse, mais les réserves énergétiques sont elles à la baisse. Il est d’ores et déjà décidé qu’après les 5 km de descente qui s’annoncent, je m’arrête vraiment au gros ravitaillement de la mi-course. De toutes façons, je n’avais pas le choix. Je suis dans le dur, je n’arrive plus à courir même sur le plat… J’engloutis deux sandwichs dont l’un était au chorizo afin de nous rappeler que nous sommes alors en territoire espagnol ! Je bois énormément, je m’assois ensuite sur un banc à l’ombre, il était temps… Je me suis arrêté 20 minutes. Je repars, pas totalement retapé, mais cela va mieux. Comme d’habitude, après un ravitaillement, nous attaquons une nouvelle difficulté. Celle-ci passe au mental, je refais surface peu à peu. Il reste alors 25 km à parcourir, et je commence à trouver le temps long, déjà 7h30’ de course, même si je pense que le plus dur est passé. Le relief sera désormais moins compliqué, et j’ai évité (de peu) l’hypoglycémie. Vient alors un long passage en crête, le chemin monte et descend sans jamais vraiment choisir son sens pendant une dizaine de kilomètre. Je reprends du poil de la bête, j’arrive au dernier ravitaillement, à Ehuntzaroy, je m’assois quelques secondes. J’entends alors une femme venue à la rencontre de son mari à ce point le chambrer gentiment : « tu veux que je te passe ta frontale, parce qu’à l’allure où tu avances, tu vas arriver de nuit ! ». J’éclate de rire, et je décide instantanément de repartir, me disant que je n’aurai pas moins mal aux cuisses dans 5 minutes. Et c’est parti pour l’ultime montée. Cette fois je marche d’un bon pas, j’ai pleinement récupéré. Et surtout cela commence à sentir la fin. Je vois devant moi l’ombre d’un aigle qui vole au-dessus de moi, j’espère qu’il ne m’a pas choisi pour cible… surtout qu’il passe et repasse. Il finit par s’en aller. Cette dernière montée n’est rien à côté de celles que j’ai pu voir en début de course, je suis bien, je sais désormais que je vais finir. Je franchis donc Adarza, 1250 mètres d’altitude au bout de 9h45’ d’efforts. Il ne reste plus que 10 kilomètres de descente. Mais, vu l’état de mes quadriceps, cela ne va pas être une partie de plaisir. En plus, j’avais cru voir sur le profil du parcours qu’il n’y avait QUE de la descente jusqu’à l’arrivée… Quel désespoir quand je vois que nous remontons légèrement… Moi qui avait l’œil rivé sur l’altimètre qui égrenait les mètres restant à descendre, voilà du rab’ ! Tant pis, je suis plus frais que les concurrents autour de moi, je relance franchement, malgré ma technique désastreuse en descente, j’en double quelques-uns puisque le chemin devient moins technique. Finalement, nous atteignons une route goudronnée, toujours descendante, mais les appuis sont tellement plus prévisibles… Ca sent la fin ! Je rejoins une concurrente à deux kilomètres de l’arrivée, et je termine cette course avec elle, me mettant en retrait quelques dizaines de mètres avant la ligne afin de ne pas lui voler les applaudissements qu’elle a plus mérité que moi.
Ca y est, je suis un finisher ! Je reçois mon T-shirt, témoin de ma réussite, que c’est bon d’y être arrivé ! Je termine 124ème sur 285 arrivants (pour 350 partants) en 11h04’.

lundi 17 septembre 2007

Euskal Endurance - que la montagne est belle... mais dure !

Je n'ai pas encore eu le temps de mettre en forme un récit complet de cette superbe aventure qu'a été cette participation à l'Euskal Endurance, mais je vous livre d'ores et déjà mes premières impressions : c'est magnifique, c'est dur, et c'était indispensable à mon avis avant d'aller me frotter à la Diagonale des Fous.
Je termine 124ème, en 11h04', mais c'est anecdotique, l'important est ailleurs, j'essaierai de faire un compte-rendu détaillé agrémenté de quelques photos le plus rapidement possible.
A noter cependant la victoire d'un Morbihannais qui avait bien préparé son affaire : Christophe Malardé (il décrit sa préparation dans son blog).
L'ensemble des résultats se trouve sur le site de l'épreuve.

mardi 11 septembre 2007

Auray-Vannes : objectif atteint !


Et oui, autant le dire tout de suite, l'objectif de moins d'1h20' sur Auray Vannes a été atteint dimanche après-midi. Ma satisfaction est grande, car les conditions n'étaient pas des plus favorables : il a fait chaud (comme toujours sur Auray-Vannes me répondrez-vous à raison), mais nous avons également eu droit à un vent de face usant sur la deuxième moitié du parcours.
Mais prenons les choses dans l'ordre :
Il m'arrive parfois sur certaines courses de mal gérer mon alimentation. En fait, le stress d'avant course me coupe la faim, et du coup, il m'est arrivé par le passé de subir des hypoglycémies plus ou moins sévères sur des courses. Etant donné l'investissement que j'ai consenti dans cette préparation, je voulais absolument éviter ce type de problème, j'ai donc été vigilant. Ensuite, l'attente à Auray peut parfois être longue si l'on prend les premières navettes, et étant donnée la chaleur qui règnait dimanche après-midi, j'ai choisi de prendre l'un des derniers bus, qui partait de Vannes vers 13 heures. L'attente était donc réduite, cela faisait autant de temps en moins en plein soleil...
L'échauffement ne laissait présager rien de bon : les jambes étaient lourdes, j'avais du mal à accélérer... Je me suis donc isolé dans mon coin afin de ne pas avoir à subir l'échauffement des copains, et trottiner à mon allure, sans avoir à répondre aux questions du style "alors, tu te sens bien ?". Non, je ne me sens pas bien, et ça me fait ch... Entre les conditions climatiques et ces mauvaises sensations, l'objectif était déjà revu à la baisse. Je ne visais plus qu'1h22' au mieux, comme l'an dernier quoi. C'était bien la peine de se préparer comme je l'ai fait...
Allez, je rentre dans le sas de départ, la tension monte, je suis tout seul dans ces moments là... Tout peut s'écrouler autour de moi, je suis dans mon monde. Je suis finalement étonnament calme, j'ai déjà oublié les mauvaises sensations, je n'attends plus qu'une chose : le coup de feu libérateur.
Il finit par arriver, et les jambes lourdes de l'échauffement sont parties, et apparemment, une paire toute neuve a été installée dans le sas de départ... Je longe le côté gauche de la route, je frôle les spectateurs, et je remonte petit à petit le peloton afin de me caler à un rythme qui me convient. Ce premier kilomètre monte énormément, mais on ne le sent presque pas tant le peloton est compact, et surtout, nous avons la fraîcheur du départ. Je passe en 3'44", dans l'allure. Ca ne m'arrive pas si souvent d'être immédiatement sur le bon rythme, c'est un bon point. Du coup, je me fixe à cette allure, je me promène littéralement... Dire qu'une semaine auparavant, je me demandais comment j'allais pouvoir tenir l'allure pendant 5 km, là j'arrive au pied de la côte de Baden, soit au kilomètre 7 dans un véritable fauteuil.



Cette côte de Baden constitue le premier instant de vérité. Je surveille mon cardio, le rythme de croisière fixé par le coach se situe à la fc de 173. Donc, je ne m'éloigne pas trop de cette référence... Baden, ça monte beaucoup quand même ! La fc s'élève un peu, 174, 175, 176. Pas d'affolement, je contrôle, et je ralentis autant que nécessaire pour ne pas payer derrière le prix d'une trop grande témérité dans les bosses. Comme par hasard, la relance en haut se trouve considérablement facilitée par la bonne gestion de la montée ! Je remets donc tout de suite la machine au rythme de croisière, je me stabilise à cette fc de 173. C'est ainsi que je passe le 10ème kilomètre en 37'20". Pas mal pour un type qui a couru à Langueux en 37'19" (mais en courant comme un cochon il est vrai ;-)) ! C'est à ce moment que le vent se fait vraiment sentir, en fait les grandes lignes droites qui constituent la deuxième partie du parcours seront toutes perturbées par ce vent de face. Les kilomètres en descentes seront nettement moins rapides que prévu. Je sais déjà que les 10 prochains kilomètres seront plus lents, et je commence à faire les calculs pour évaluer la marge dont je dispose pour atteindre quand même l'objectif. Il faut bien s'occuper l'esprit pendant une course...



La côte du Moustoir, à laquelle on pense peut-être un peu moins lorsque l'on parle du profil du parcours d'Auray-Vannes, cette montée en 3 temps, s'avère difficile. Plus difficile que ce dont je me rappelais. Je suis contraint de considérablement ralentir l'allure pour ne pas trop monter dans les tours... Le 12ème kilomètre est parcouru en 4'02", le 13ème en 4'26" !!! Et pourtant je ne m'affole pas, cela fait partie de la stratégie... Bon sang, j'ai quand même laissé du temps dans l'affaire ! Allez tant pis, c'était la dernière difficulté où je devais me retenir. Cette fois-ci, la machine est lancée pour de bon, rien ne me ralentira plus, pas même la côte du Vincin. Les jambes tournent bien, les kilomètres défilent, la côte du Vincin est avalée, je ne regarde plus le cardio, puisque j'entre dans la phase finale de la course où je peux lâcher les chevaux. C'est là que j'ai peut-être été un peu trop prudent, avec le recul, je pense que j'aurais pu accélérer plus franchement dès le 18ème kilomètre. Bref, ce sera pour une autre fois. Les spectateurs m'annoncent que je suis aux alentours de la 60ème place, l'an dernier, j'ai fini 67ème en bénéficiant des départs trop rapides de nombreux coureurs qui avaient mésestimé l'influence de la chaleur alors que moi j'étais parti un peu en-dedans puisque j'étais en prépa marathon. Je veux au moins maintenir ma place pour faire mieux que l'an dernier... Je tourne à gauche, je longe l'école de Police. Ca sent l'arrivée. J'accélère encore un peu, j'entends des spectateurs qui m'encouragent en criant mon prénom, je n'arrive pas à les identifier, qu'importe, je lève la main en signe de remerciement. L'arche du 20ème, cette fois-ci c'est fini, je donne tout. Je remonte quelques coureurs, j'entre sur le stade, je vois le chrono qui égrène les secondes, 1h19'40", il me reste quoi ? 100 mètres ? Un peu plus ? Un peu moins ? Je crois que c'est bon, je suis en sprint tout autour de la piste, et je franchis la ligne d'arrivée en sachant que même le temps officiel sera sous 1h20', du coup je lève les bras en signe de victoire (heureusement que j'ai sprinté... le dernier kilomètre a été le plus rapide de la course : 3'31" !). Je finis la course dans un remarquable état de fraîcheur par rapport à la chaleur et à l'intensité de l'effort, je termine 55ème en 1h19'55" temps officiel, et 1h19'51" temps réel. Ma satisfaction est immense, j'ai le sentiment du devoir accompli après cette jolie préparation que m'a concoctée Charlie. Merci coach... Tu as su tirer un joli résultat de mon potentiel en très peu de temps. Et il y aura d'autres échéances !
Maintenant, place à l'Euskal Endurance, dès samedi, un petit apéritif avant la Diagonale des Fous !!!

P.S. merci au site "Courir en Bretagne" pour les photos qui illustrent cet article

lundi 3 septembre 2007

Dernière ligne droite...

Nous sommes aujourd'hui à 6 jours d'Auray-Vannes. Je porterai le dossard 1848 (information capitale, vous en conviendrez...), mais il va falloir que je réclame pour avoir la pastille de couleur qui donne accès au sas préférentiel. Il y a manifestement eu un problème à ce niveau, mais bon c'est anecdotique.
La dernière semaine d'entraînement s'est très bien déroulée, la sortie longue de ce week-end a été un pur plaisir, je crois que la forme est là (évidemment, si je me plante, je me dépêcherai de modifier ce message, et j'écrirai à la place que ma préparation a été perturbée par une blessure ;-)). Il n'y a plus qu'à faire du jus cette semaine, et espérer qu'il n'y ait ni trop de soleil, ni trop de vent dimanche prochain. Allez, on va dire que ça va le faire !
En ce qui concerne l'échéance suivante, à savoir l'Euskal Endurance dans un premier temps, je suis bien sur la liste des inscrits, je porterai le dossard 260 (je rappelle pour ceux qui font des stats que mon dossard pour la Diagonale des Fous est le 159 :-)). Plus le temps passe, et plus j'appréhende ce baptême de l'ultra... J'entrerai ce jour là dans l'inconnu, mais je pense que cette étape est indispensable pour identifier les principales difficultés de l'exercice avant de partir à la Réunion. Je suis presque prêt au niveau de l'équipement, j'ai même acheté une paire de Salomon XA pro 3D neuves sur eBay à 53 euros... Pas mal, non ? Elles sont nickels, je suis tombé sur un type qui les avait achetés et s'est rendu compte après une sortie qu'elles étaient un poil trop petites. Pour moi elles sont parfaites. Inutile de vous dire qu'elles sortent régulièrement en ce moment, histoire de les "faire".
Bon, à partir de maintenant, tout va s'enchaîner rapidement, Auray-Vannes dimanche, l'Euskal Endurance le samedi suivant, et 3 semaines et demi plus tard, ce sera le décollage pour la Réunion. Il va falloir tenir le rythme.

mercredi 1 août 2007

Nous avons failli gagner !

Ce week-end, j'ai recouru en compétition pour la première fois depuis plus d'un mois. J'ai en effet participé au biathlon de Bains sur Oust (35). Pour être tout à fait précis, il s'agissait d'une course composé d'une partie de course à pied et d'une partie de VTT. Il est possible de tout faire seul, ou bien en équipe. Etant donné mon niveau lamentable en VTT, j'ai laissé cette partie à un spécialiste.
La partie course à pied était courte, puisque la distance à couvrir n'était que de 8,4 km, alors qu'il y avait 21 km à couvrir pour les cyclistes. Le parcours était très plat, hormis un "mur" qui nous faisait grimper de 3 ou 4 mètres en quelques enjambées, que nous avons franchi 3 fois. La boue ou au moins les flaques d'eau étaient présentes, il fallait choisir soigneusement ses trajectoires...
Quoi qu'il en soit, ma mission consistait à perdre le moins de temps possible, de manière à rendre possible le retour de mon coéquipier sur la tête de la course (oui, il est fort mon coéquipier, je suis le boulet de l'équipe ;-)). Je suis parti vite sans plus, et je me suis rapidement calmé, me remémorant des souvenirs pas si anciens (Langueux notamment...) de départs trop rapides qui font mal et qui laissent des regrets. Je me suis retrouvé 6ème de la course, je me suis calé dans un rythme qui me convenait bien, et je n'ai jamais fléchi, tout juste ai-je fini un peu "à l'arrach'". Je suis remonté à la 5ème place, couvrant les 8,4 km en 31'55", rendant un peu moins de 3' aux premiers, ce qui n'avait rien d'insurmontable pour la gagne. J'ai eu de bonnes sensations, je suis relativement satisfait de moi, je crois que la forme arrive.
Bon, l'histoire n'est pas tout à fait finie... Mon équipier doit aller chercher la victoire... Il pointe à 1'40", puis 1'20". Je l'attends à la sortie du bois pour lui donner l'écart à peu près à la moitié de son parcours, 1 minute passe, 2 minutes... Il s'est passé quelque chose. Il finit par débouler au bout de 3'45", le temps pour lui de m'annoncer qu'il avait cassé sa chaîne. Pas mal : moins de 3 minutes pour réparer ! Mais là, c'était vraiment trop dur pour revenir, et la mécanique nous ayant trahis, la victoire sera pour une prochaine fois ! La deuxième place a quand même été une belle consolation...
Allez, je retourne m'entraîner !

samedi 28 juillet 2007

Quelques nouvelles...

Non je ne suis pas mort... Quel manque de rigueur de ma part que de laisser en friche ce blog depuis un mois et demi !
Bon, faisons le point. Depuis mon dernier post, voici de façon synthétique ce qui s'est passé :
- j'ai couru le 10 km de Langueux, la préparation étant sabotée par une tendinite, je me suis royalement planté, mais pour assurer le coup, je suis parti beaucoup trop vite (passage au premier km en 3'14"). Le résultat (37'17") est anecdotique, une course à oublier.
- je me suis ensuite définitivement débarrassé de cette petite blessure en coupant vraiment.
- j'ai repris tranquillement, j'ai couru le biathlon de Saint Marcel, en ce qui me concerne, cela a consisté en un mini trail de 12 km, distance couverte en 47'17". Cette performance est satisfaisante dans la mesure où sur le même parcours l'an dernier, j'avais mis 2' de plus !
- depuis, je prépare Auray-Vannes, avec l'ambition de faire moins d'1h20' sur ce parcours difficile, pour l'instant tout se passe bien, croisons les doigts.

Maintenant, passons aux nouvelles plus récentes : afin de ne pas arriver fin octobre au départ de la Diagonale des Fous sans la moindre expérience d'ultra, j'ai décidé d'inscrire à mon programme l'Euskal Endurance le 15 septembre prochain. 67 km et 3700 m de dénivelé devraient me donner un avant goût des réjouissances réunionnaises...


Bien entendu, cette épreuve ayant lieu une semaine seulement après Auray-Vannes, que j'aurai couru à fond, il ne s'agira pas de chercher la limite, couvrir la distance sera bien suffisant pour cette première expérience de grand fond !
Enfin, pour poursuivre sur le thème (qui va devenir de plus en plus omniprésent ;-)) de la Diagonale des Fous, sachez que mon certificat médical est OK. J'ai également commencé à m'équiper : la tenue de course de nuit ainsi que la lampe frontale sont achetées !

dimanche 10 juin 2007

De retour !

J'ai quelque peu délaissé ce blog ces dernières semaines... Mais je suis toujours là !
J'ai continué dans l'objectif de faire tomber mon record sur 10 km (36'06" réalisés en 2005) et si possible descendre sous les 36'. La première tentative a eu lieu la semaine dernière, à l'occasion des foulées jacquolandines (la photo ci-dessous provient du site "Courir en Bretagne", j'apparais un peu flou au premier plan)



Je n'avais pas de sensations extraordinaires à l'entraînement, mais le mardi qui précédait l'épreuve, à l'occasion d'une séance légère de vitesse, j'ai réalisé avec une aisance inespérée jusqu'alors 5x500 en 1'30", le dernier en 1'25". Il était temps que je me rassure ! Pour autant, je me sentais un peu juste pour les 36' à Saint Jacques de la Lande, je visais plutôt entre 36'30" et 36'45". La consigne était pourtant la suivante : tu pars sur l'allure de 3'36"/km, et tu tiens le plus longtemps possible afin de préparer la suite.
C'est donc ainsi que j'ai opéré, je suis passé pile en 3'36" au premier km (c'est désormais officiel, je maîtrise mes allures ;-)), il n'y avait plus qu'à se caler. J'ai trouvé que cela allait bien vite, et je pensais que je n'allais pas tenir la distance. Passage au 5ème en 17'54" : ça tient. Mais ça se durcit progressivement. Les kms sont plus proches de 3'40" que de 3'35"... Je n'aime décidément pas le 10 km. Qu'importe, ça peut encore passer, mais je commence à me dire que je vais exploser, l'envie d'arrêter me prend au 8ème, j'y résiste (comme d'habitude heureusement), et le 9ème km arrive, très difficile, avec une côte juste avant d'entrer dans le stade qui sollicite les organismes. Je prends le chrono du 9ème, mais je ne sais pas vraiment où j'en suis, je donne presque tout (je crois que je ne me suis pas complètement dépouillé, pas habitué à ce type d'effort) et c'est l'arrivée... Temps officiel : 36'05", record battu pour une seconde ! Et le temps réel est de 36'01", j'ai les moins de 36' dans les jambes, c'est sûr. Rendez-vous à Langueux le 16 juin pour la concrétisation de tout cela !
En ce qui concerne la Diagonale des Fous : le parcours a été publié sur le site... On n'est pas déçus. La distance tout comme le dénivelé sont les plus élevés de l'histoire de l'épreuve : tant mieux !

dimanche 29 avril 2007

Gâvres - Port Louis

Le beau soleil de ce jour m'a incité à accompagner un copain sur le semi-marathon Gâvres - Port Louis, il souhaitait réaliser 1h37'. Cet objectif me permettait de faire une sortie longue pas trop vite, je n'ai donc pas hésité. J'aime beaucoup cet exercice qui consiste à emmener quelqu'un vers son objectif en lui prodiguant des conseils, en le canalisant au début quand c'est facile, en révisant l'objectif en cours de route quand on est en avance ou quand cela se passe moins bien. Ce sont là toujours des expériences très enrichissantes. Cette fois, nous avons manqué l'objectif... d'une dizaine de secondes. Autant dire que nous l'avons atteint !
La suite immédiate de ma saison n'est pas encore arrêtée, j'aimerais bien battre mon record sur 10 km, deux dates sont disponibles : le 1er juin à Saint Jacques de la Lande ou bien le 16 juin à Langueux... Mon coeur balance. L'objectif serait de descendre sous les 36'. Pour cela, il me faut reprendre sans tarder des séances de travail, mais j'ai l'impression de ne pas avoir trop souffert de la préparation marathon en ce qui concerne la vitesse de base. A voir bientôt !

jeudi 19 avril 2007

Une petite photo de Paris


Cette photo est issue du site athletissimo.

A cet instant, j'étais bien dans l'allure...

lundi 16 avril 2007

Marathon de Paris - Satisfait malgré tout

Et voilà, c'est passé. Le verdict est tombé sur le premier grand objectif de la saison. Après les 2h55' réalisés à Amsterdam 6 mois plus tôt pour mon baptême sur la distance, je visais un temps inférieur à 2h50' à Paris (et même si possible un peu moins, disons que symboliquement, je souhaitais tenir le 15 km/h). Tous les atouts avaient été mis de mon côté, j'ai suivi l'intégralité de la préparation sans l'ombre d'un accroc, j'ai même réussi à battre mon record sur semi-marathon. Tout s'annonce bien.
Les derniers temps, je guettais avidement la météo du jour J, craignant la pluie battante ou le vent : j'ai été servi, avec ce grand beau temps sans vent ! Et la dernière semaine, l'appréhension de l'événement me donnait l'impression de ne pas être bien, et c'est avec de gros doutes que je me suis présenté sur la ligne de départ. En plus, étant donnée la chaleur ambiante, je me suis posé la question d'une éventuelle révision d'objectif à la baisse... Finalement, je suis parti selon le tableau de marche prévu. Voire un peu plus vite : premier kilo en 3'43", mais le profil descendant des Champs Elysées y est pour quelque chose. N'empêche, je suis trop rapide, j'ai beau me raisonner, le passage au 5ème kilomètre s'effectue en 19'19". Les quelques doutes d'avant le départ sont envolés, les jambes sont là. Mais je vais trop vite... Entre le 5ème et le 10ème, je ralentis légèrement (le profil est moins favorable, ça aide), et je passe en 39' tout rond aux 10km. Je suis trop rapide de 40", peut-être aurais-je dû à ce moment là ralentir franchement pour me remettre dans le rythme prévu... Il était évident qu'avec la chaleur du jour, un départ trop rapide n'avait que peu de chance de passer ! Bref, je continue sur mon rythme de croisière, tous les voyants sont au vert, la foulée déroule toute seule, le passage au bois de Vincennes est un réel bonheur, je suis facile !
Je prenais mon temps à chaque kilomètre, et à chaque fois, j'essayais vaguement de réagir en ralentissant le rythme pendant quelques dizaines de mètres, cette façon de courir a fait que je ne suis jamais resté dans un groupe. J'arrive au semi, une foule de gens est postée à cet endroit, et pourtant les spectateurs sont passifs : mon naturel reprend le dessus et je harangue la foule pour les faire réagir, et sur cet état légèrement euphorique que je franchis la mi-course en 1h22'43". Beaucoup trop vite... L'hypothèse ambitieuse de passage à cet endroit était d'1h23'30", j'ai près d'une minute d'avance. Pourtant, tout va toujours pour le mieux à ce moment, cela reste le cas jusqu'au 25ème. A partir de ce moment, cela devient un peu plus difficile, on arrive sous les ponts qui longe la Seine, j'essaie de récupérer dans les descentes et de bien raccourcir la foulée dans les montées afin de m'économiser. Je limite très bien la casse jusqu'au 33ème km, où je fais mon premier kilomètre franchement lent : 4'20". Pourtant, je reste dans les temps de l'objectif de 15km/h jusqu'au 38ème... Je dilapide l'avance sur le tableau de marche rapidement, d'autant plus qu'au ravitaillement du 35ème, pour la première fois je marche. Les muscles n'en veulent plus. Bien sûr je marche rapidement, mais l'allure chute. Je recours dès que je peux, et je me fais violence en me donnant des objectifs du style : "tu n'as pas le droit de marcher sur ce kilomètre". Quand j'y parviens, le kilomètre se fait en 4'20", quand je n'y parviens pas, c'est 4'50". Le plus étrange à ce moment là, c'est que malgré tout, je ne perds pas beaucoup de places, je rattrape même certains coureurs plus mal en point que moi... Et finalement, vient la libération, je ne m'attendais pas à voir si rapidement après la sortie du bois de Boulogne la ligne d'arrivée : quel soulagement ! Je réunis le reste de mes forces pour faire les quelques centaines de mètres qui me séparent de la délivrance, et je franchis la ligne en 2h52'05" temps officiel, et 2h51'59" temps réel. Contrairement à ma première expérience sur la distance, je n'éprouve aucune émotion à ce moment. Le sentiment qui m'habite à cet instant ressemble à un banal "voilà, c'est fait"... Pas d'envie de pleurer, rien, j'avance, on me donne ma médaille. Je ne sais pas trop quoi penser de ma performance. J'avance encore, je m'abandonne aux bons soins de deux élèves kiné qui font de leur mieux pour remettre en état mes jambes... Et ensuite je me rends au point de rendez-vous fixé avant la course avec mes collègues. J'apprends qu'ils sont encore plus loin que moi de leur objectif chronométrique. Alors seulement je commence à me dire qu'il faut peut-être relativiser ce que je pense être un échec. Et puis j'apprends que je suis classé aux alentours de la 350ème place (344ème exactement, comme je le saurai plus tard), et là je réalise l'impact qu'a eu la chaleur sur beaucoup de coureurs. En 2006, le coureur occupant cette même place au classement avait couru en 2h45'. Evidemment ce n'est qu'indicatif, mais cela réévalue quelque peu mon temps.
Finalement, je suis partagé entre des sentiments contradictoires : le temps n'est pas si mauvais, le classement est au-delà de mes prévisions les plus optimistes... et pourtant je pense que j'ai encore une fois mal géré ma course, et que je pouvais faire mieux, une course plus sage m'aurait permis presque à coup sûr de terminer sous les 2h48', j'en suis persuadé. Mais tel est le marathon, il ne se laisse pas facilement apprivoiser. La prochaine fois j'irai plus vite, fort de cette nouvelle expérience.
Le constat global reste cependant celui-ci : quel que soit le résultat, le marathon est vraiment une très belle épreuve, face à laquelle il est impossible de tricher. On se révèle à soi-même, tant physiquement que psychologiquement, et quelle que soit la douleur du jour, quelques semaines plus tard, il ne reste que la fierté d'être marathonien.

lundi 26 mars 2007

Semi-marathon de la Brière - record battu !!!

Après ce petit intermède sans nouvelles, je me remet à l'ouvrage afin de vous mettre au courant de mes dernières aventures... Ce week-end, test sérieux de l'état de forme 3 semaines avant le marathon de Paris : je participais au semi-marathon de la Brière à Saint André des Eaux (44). Samedi, comme la veille de chaque compétition, sortie ultra courte de 30 minutes, avec 2x300m à l'allure prévue de la course du lendemain, histoire de se mettre l'allure en tête... Sur le plan, il était écrit : allure 3'45"/km, j'ai donc fait les 300 sur cette base, et je me suis dit que 21 km à cette allure, cela risquait de faire beaucoup !
Bref, le lendemain, après avoir consulté la météo toute la semaine, c'est par un temps gris mais sec que j'arrive sur le site de la course. Il fait froid, mais finalement, les choses s'amélioreront au cours de la matinée : j'ai un temps envisagé d'enfiler les gants pour la course, j'ai finalement choisi de les laisser dans la voiture. Nous sommes 800 au départ, il n'est pas trop difficile de se mettre dans les premiers rangs au départ, ce dont je ne me prive pas, histoire de pouvoir me mettre tout de suite à mon rythme sans être trop gêné. Je me cale immédiatement à ce qui me semble être la bonne allure, et je passe le premier km en 3'48", pas trop mal. Je crois que c'est la première fois que je démarre aussi lentement sur un semi. Le tout-fou que je suis a souvent tendance à présumer de ses forces, et partir sur 3'30"-3'35" pour ralentir ensuite, et le regretter plus tard ! Je suis devenu raisonnable... Un groupe se constitue rapidement, bien décidé à tourner aux alentours de 3'45"/km, mon allure théorique donc, mais je trouve leur rythme un chouilla trop rapide, et ce groupe me prend quelques mètres progressivement, l'écart se creuse jusqu'à 80 mètres puis se stabilise. A partir du 4ème kilomètre, après avoir constaté un km en 3'57" (à mon avis une erreur de balisage), je décide d'accélérer légèrement, et j'emmène avec moi un coureur avec qui je terminerai la course. Nous nous relayons régulièrement, et le rythme augmente progressivement : 3'51", 3'42", 3'40"... Je ne sais pas si je vais tenir à cette allure. En plus j'ai la vague impression d'aller trop vite... mais bon, nous sommes finalement régulier, nous menons une course sans à-coup, nous sommes synchro jusque dans le gobage de gel au 9ème kilomètre, surpris tous les deux par l'arrivée inopinée d'un ravitaillement que nous attendions plus tard. Le groupe de tout à l'heure est toujours à une grosse cinquantaine de mètres devant nous, mais il commence à s'effilocher. L'un des membres de ce groupe accélère, pour les autres, cela devient subitement plus dur. Le 10ème est passé en 37'36" (soit 6" de retard par rapport au plan de marche 3'45"), je suis agréablement surpris. Je ne pensais pas pouvoir réaliser ce temps avec cette aisance (au mois de décembre, à ma reprise après une blessure, j'avais dû me dépouiller pour faire 38' à l'arrachée sur un 10km). Les relais réguliers continuent, mais je sens que mon camarade de course est un poil au-dessus de moi. Pour l'instant, je reste avec lui. Et nous abordons le temps fort de notre course : la partie du circuit comprise entre le 10ème et le 16ème est relativement favorable (le parcours est très roulant, mais cette partie est encore plus favorable que le reste), et nous allons vraiment en profiter. Nous avalons les uns après les autres tous les membres du groupe qui nous précédait depuis le début. Nous rattrapons d'autres coureurs partis trop vite, et nous nous situons à ce moment là aux alentours de la 20è place. Au 16ème kilomètre, mon compagnon du jour accélère encore, et je le laisse partir. Il est vraiment plus fort que moi. Mais je ne relâche pas l'effort pour autant, je continue d'avaler quelques coureurs ici et là, et je ne rend pas plus de 20 mètres à mon ancien coéquipier. La partie finale arrive, je passe aux 20 km en 1h14'40", soit les 10 derniers km en 37'04" !!! Mon impression de ne pas avoir ralenti se confirme, je suis très surpris, et la portion montante peu avant l'arrivée me freine à peine. C'est alors avec un immense plaisir que je vois le chrono électronique qui égrène les secondes afficher 1h18'... Je lève les bras pour fêter ça ! Le temps final est de 1h18'46", mon précédent record est battu de 55" et je termine à la 14ème place de la course. Le bonheur, d'autant plus que ma gestion de course, avec une deuxième moitié significativement plus rapide que la première, montre que je maîtrise de mieux en mieux mes allures. Au delà du chrono, j'ai pris un vrai plaisir à courir, j'ai eu d'excellentes sensations tout au long de la course, et je me suis senti fort, notamment en n'étant jamais doublé par une personne revenant de l'arrière, et en doublant des concurrents tout au long de la course, jusque dans le dernier kilomètre.
Je n'ai pas oublié le petit footing d'après course afin d'optimiser la récupération, mais aujourd'hui encore, et malgré un nouveau footing lent ce midi d'une cinquantaine de minutes, les cuisses sont encore un peu lourdes. Qu'à cela ne tienne, dans deux jours il n'y paraîtra plus, et les 2h50' à Paris sont plus que jamais d'actualité !!!