dimanche 30 septembre 2007

Chapeau Monsieur Gebreselassie !


Haile Gebreselassie a profité des conditions optimales réunies ce matin à Berlin pour battre le record du monde du marathon : 2h04'26" !!! L'ancienne marque était située à 2h04'55", par Paul Tergat, déjà sur ce même parcours de Berlin, décidément ultra rapide. La performance est d'autant plus remarquable car Paul Tergat avait bénéficié en 2003 de la présence à ses côtés jusqu'à l'arrivée de Sammy Korir, ce mano a mano ayant favorisé ce chrono d'exception, alors que "Gebre" a terminé l'épreuve avec plus de 2 minutes d'avance sur le second Abel Kirui. Il n'a pu compter que sur lui-même pour soutenir le train d'enfer qui devait le mener vers cet exploit.
Sa dernière tentative contre ce record s'était soldée par un abandon lors du dernier marathon de Londres, démontrant une fois encore la difficulté et le caractère parfois aléatoire en dépit d'une préparation pointue de ces mythiques 42,195 km, ceci ne donnant que plus de relief à sa performance extraordinaire d'aujourd'hui.

Un grand bravo donc à cet immense athlète, qui pourrait devenir encore un peu plus grand en s'imposant l'an prochain dans le marathon des Jeux Olympiques... C'est tout le mal que je lui souhaite !

lundi 24 septembre 2007

Dernière sortie longue

Hier matin, je me suis offert ma dernière sortie longue avant le jour J. Je suis donc sorti pendant un peu moins de 3 heures, sur un parcours vallonné (rien cependant à côté de ce qui m'attend, mais on fait avec ce que l'on a sous la main...), totalisant un peu plus de 450 mètres de D+ pour une distance de 31km (ah oui, j'ai oublié de vous dire, j'ai un nouveau joujou : un Polar s725x, qui garde en mémoire tous les paramètres de mes sorties => chrono bien sûr, fréquence cardiaque, distance parcourue, altitude, dénivelé, vitesse, ... j'adore !).
Inutile de dire que j'ai été lent sur la sortie, encore que depuis l'Euskal, mes repères ont volé en éclats, la notion de lenteur devient relative. Je me suis efforcé de garder le contrôle de l'allure, je marchais dans les côtes dès qu'elles étaient prononcées, je veillais particulièrement à mon ravitaillement (afin de corriger le tir par rapport à l'Euskal), bref, je me suis mis en situation, dépaysement et pourcentage des pentes mis à part.
A l'issue de cette dernière sortie longue, effectuée alors que je n'ai pas encore tout à fait récupéré de ma balade dans les montagnes Basques, j'avoue que je me sens un peu fatigué. Ca tombe bien, il est temps de commencer à faire du jus dans la perspective du 19 octobre, je vais donc me reposer désormais. Je vais m'attacher à fignoler la stratégie de course (le contenu des sacs d'assistance notamment), en m'appuyant sur les prévisions du calculateur que l'on truove sur le site softrun.fr (je ne compte pas sur cet outil pour me donner mon temps ne serait-ce qu'à deux ou trois heures près, mais puisqu'il intègre le parcours de la Diagonale des Fous en détail (distances et dénivelés), j'aurai une idée réaliste du temps à prévoir entre deux points).
On approche, la date du départ pour la Réunion est fixée au 10 octobre...

mercredi 19 septembre 2007

Euskal Endurance - le récit

Afin de mettre tous les atouts de mon côté dans la perspective d’aller au bout de la prochaine Diagonale des Fous, et étant donné mon inexpérience totale à la fois du long et du dénivelé, il m’est apparu indispensable de m’aligner sur une épreuve d’ultra en montagne, « pour voir ». Ce sera donc l’Euskal Endurance, une boucle de 65 km et 3700 m D+ dont le départ et l’arrivée se situent à Saint Etienne de Baïgorry, petit village typique du pays Basque.
Cette épreuve sera pour moi l’occasion de tester le matériel (les chaussures, le sac à dos, les vêtements, …) mais également la gestion de course (que ce soit la répartition de l’effort ou la gestion de l’alimentation).
L’arrivée la veille de la course, en milieu d’après-midi, me permet d’aller tranquillement retirer mon dossard, et d’observer mes futurs compagnons d’aventure… J’ai lu quelque part qu’il n’y avait rien de plus banal qu’un coureur d’ultra. Ce n’est peut-être pas tout à fait vrai, mais il faut bien concéder que les profils sont variés : cela va du jeune loup au visage taillé à la serpe jusqu’à la petite quinquagénaire, dont le physique ne laisse pas deviner qu’elle va se lancer dans une aventure démesurée pour le commun des mortels. Un détail semble cependant réunir tous ces athlètes : un regard plein de détermination, de sérénité.
Après avoir bu un échantillon de la bière locale et dépensé quelques euros dans les spécialités locales (une tome d’Ossau Irraty et une caisse de vin blanc d’Irouléguy), vient l’heure de la Pasta Party. L’ambiance est très décevante : sans doute la proximité du départ, et l’ampleur de la tâche à accomplir viennent elles calmer les ardeurs des coureurs. On parle à voix basse, et surtout on ne s’attarde pas. Il est vrai que le départ est donné à 6 heures, et que le contrôle des sacs est effectué dès 5h15… La nuit sera donc courte.
Malgré cela, le sommeil a été bon, et c’est sans difficulté que je me lève à 4h15. Je me prépare rapidement, je mange en me forçant un peu, sachant que je ne risque pas de trop manger, vu ce qui m’attend d’entrée de course… Il est 5 heures, et le centre du village est plein de trailers…
Le contrôle des sacs est une formalité vite expédiée, mais c’est l’occasion de me rendre compte que l’équipement obligatoire n’est pas respecté par tous. Je dois être l’un de ceux qui ont le sac le plus lourd, et pourtant j’ai le minimum : 1,5 l d’eau, un vêtement contre la pluie et le froid, une couverture de survie, un sifflet et quelques barres de céréales et autres gels. Bon, j’admets que j’ai également un téléphone portable, ainsi qu’un appareil photo… mais je ne suis pas sûr que cela explique la différence de volume de mon sac avec ceux de certains… Tant pis, au moins je ne manquerai de rien. J’observe une fois encore les concurrents qui m’entourent, la plupart sont équipés de bâtons, ce n’est pas mon cas. J’entends derrière moi une voix qui me paraît ‘expérimentée’, de fait, le propriétaire de cette voix est un vaillant V4, en pantalon trois quart en toile, quand d’autres disposent de tenues high tech… Sa sérénité au départ dans cette effervescence m’a paru impressionnante. L’attente passe finalement assez vite, et bien que je n’aie rien entendu, il semble que le départ ait été donné, puisque le peloton s’ébranle.
Nous partons tout d’abord pour un petit tour du village destiné à étirer un peu la troupe avant d’attaquer la première difficulté. Je suis surpris par le rythme élevé imprimé par les premiers, et surtout par la quantité de coureurs qui me passent devant alors que j’ai l’impression de partir trop vite… Je me raisonne cependant, je n’ai que trop conscience de la difficulté de ce qui m’attend. Nous abordons finalement une pente au pourcentage respectable et j’essaie de courir aussi longtemps que c’est possible, c'est-à-dire pas longtemps du tout. Nous sommes encore sur le bitume pour quelques dizaines de mètres, puis nous attaquons l’ascension d’Autza. Le chemin est très étroit, il ne fait jamais plus de 30 centimètres de large. Nous ne le distinguons pas vraiment puisqu’il fait nuit, et que nos frontales n’éclairent pas très loin, mais le chemin est à flanc de montagne, et la pente à notre droite est abrupte, il ne s’agit pas de mettre un pied hors du chemin, sinon la chute serait douloureuse… Du coup, je décide de pencher à gauche, comme ça, si je dois tomber, ce sera dans les fougères, et pas dans le vide ! J’emboîte le pas d’un solide gaillard qui semble être du coin, il connaît la course dans les moindres détails. J’écoute avec attention tous les conseils qu’il donne, il me demande si je veux passer, je réponds que non, bien m’en a pris… En levant la tête (événement rare, tant je prenais garde à regarder où je mettais les pieds…) je distingue une splendide guirlande de lumières au-dessus de moi (très au-dessus) et cette guirlande continue de serpenter très en-dessous de moi. Le spectacle est magique, mais me fait également prendre conscience que cette montée que je trouve déjà difficile est loin d’être terminée. A peu près aux deux tiers de la pente, un léger replat, je crois que c’est terminé, mais c’est pour mieux repartir… La fin de l’ascension est très pentue, les derniers 100 mètres de dénivelé sont interminables. Enfin c’est fait, au bout de deux heures d’effort, je suis à 1300 mètres d’altitude (nous sommes partis de 150 mètres). Déjà plus de 1000 mètres de D+ gravis, un peu moins du tiers du total de la course. Deux heures de course donc, et j’ai parcouru… 8 kilomètres !!! Qu’ils sont lointains mes repères de routard !
L’inconvénient sur les courses de montagne, c’est qu’après avoir franchi un sommet, il faut immédiatement redescendre. Et la descente n’est jamais de tout repos… Le sol n’est pas régulier, et surtout les pieds claquent, les cuisses encaissent… Le premier ravitaillement intervient au terme de cette descente, à Berdaritz, au km 16, à 685 m d’altitude, après 2h45 de course. Un verre de coca, deux verres d’eau gazeuse, le temps de manger une barre de céréale et de remettre la frontale dans le sac, c’est reparti. Immédiatement, nous voilà dans la seconde ascension du jour, qui nous mènera à 1188 mètres d’altitude, celle d’Argintzu. Je pars d’un bon pas (j’ai renoncé depuis longtemps à courir dans les côtes…), le pourcentage est raisonnable. Après un léger replat qui m’a donné l’occasion de courir un peu, j’attaque la deuxième partie de l’ascension, et là je tombe sur un véritable mur. Je me doutais bien que je ne m’alimentais pas assez régulièrement, mais j’en constate les premiers effets. Rien de bien méchant pour le moment, mais je ne suis pas au top… Bref, cela ne va pas m’aider dans l’immédiat. Ce mur est d’une telle difficulté que je suis contraint de mettre les mains pour faciliter ma progression. Heureusement cette partie ne dure pas très longtemps, mais c’est à peine plus facile derrière. Je peine vraiment. Je surveille mon altimètre avec inquiétude, je ne vois pas le bout de cette difficulté. J’en viens cependant finalement à bout, mais le constat s’impose : je n’ai parcouru que 26 km, il m’en reste 40, et je ne suis pas au mieux. C’est pas gagné. Nouvelle descente, pas trop méchante, ravitaillement, encore une occasion perdue de me refaire la cerise, je repars… J’attaque la montée de l’Adi, qui nous emmènera au point culminant de la course, à 1450 m d’altitude. Dans les premiers hectomètres de montée, je dépasse un petit bout de femme qu’il me semble bien avoir déjà doublé bien plus tôt dans la course. Elle a un secret, c’est sûr. Pour l’instant je n’en fais pas cas, nous sommes sur un chemin forestier, la pente est relativement douce, je me dis que finalement l’Adi c’est haut, mais ce n’est pas si dur… Et je tourne à gauche pour sortir du chemin forestier, je suis désormais à découvert, au milieu des moutons et des pottocks (ces petits chevaux sauvages typiques), et je suis devant sa Majesté l’Adi. Il se dresse devant moi, il me reste 300 mètres de dénivelé avant d’en atteindre le sommet, et la pente n’est plus la même. C’est impensable. Je fais des pas de 10 centimètres au prix d’efforts considérables, j’ai l’impression de ne pas avancer, et pourtant je vais plus vite que mes compagnons de course du moment… Voilà que je ressens de nouveau les effets de ma mauvaise gestion de l’alimentation. Je lutte, j’atteins une partie de la montée encore plus difficile si c’était possible : la pente est la même, mais ce n’est plus de l’herbe, mais des grosses pierres qu’il s’agit de franchir. Chaque pas est une épreuve. Je distingue les pointeurs au sommet qui ne sont qu’à 200 mètres de moi, mais les efforts pour les rejoindre sont démesurés. Finalement, j’y parviens, trop content je m’arrête, je me fais prendre en photo dans ce lieu magique où la vue est splendide par un concurrent bien sympathique. J’amorce la descente, symétrique de la montée, c'est-à-dire qu’elle présente une déclivité impressionnante. Pour atténuer cela, la stratégie majoritaire consiste à dessiner des courbes de plus moins grand rayon… jusqu’au moment où je vois débouler à côté de moi le petit bout de femme dont je parlais un peu plus haut : je viens de découvrir son secret. C’est une descendeuse hors pair, elle descend tout droit dans la pente, sans se poser la moindre question, et surtout sans que ses cuisses ne la fassent apparemment souffrir. Je suis bluffé, et l’écart qu’elle creusera dans cette descente sera suffisant pour que je ne la revoie qu’à l’arrivée.
Bon, le moral est à la hausse, mais les réserves énergétiques sont elles à la baisse. Il est d’ores et déjà décidé qu’après les 5 km de descente qui s’annoncent, je m’arrête vraiment au gros ravitaillement de la mi-course. De toutes façons, je n’avais pas le choix. Je suis dans le dur, je n’arrive plus à courir même sur le plat… J’engloutis deux sandwichs dont l’un était au chorizo afin de nous rappeler que nous sommes alors en territoire espagnol ! Je bois énormément, je m’assois ensuite sur un banc à l’ombre, il était temps… Je me suis arrêté 20 minutes. Je repars, pas totalement retapé, mais cela va mieux. Comme d’habitude, après un ravitaillement, nous attaquons une nouvelle difficulté. Celle-ci passe au mental, je refais surface peu à peu. Il reste alors 25 km à parcourir, et je commence à trouver le temps long, déjà 7h30’ de course, même si je pense que le plus dur est passé. Le relief sera désormais moins compliqué, et j’ai évité (de peu) l’hypoglycémie. Vient alors un long passage en crête, le chemin monte et descend sans jamais vraiment choisir son sens pendant une dizaine de kilomètre. Je reprends du poil de la bête, j’arrive au dernier ravitaillement, à Ehuntzaroy, je m’assois quelques secondes. J’entends alors une femme venue à la rencontre de son mari à ce point le chambrer gentiment : « tu veux que je te passe ta frontale, parce qu’à l’allure où tu avances, tu vas arriver de nuit ! ». J’éclate de rire, et je décide instantanément de repartir, me disant que je n’aurai pas moins mal aux cuisses dans 5 minutes. Et c’est parti pour l’ultime montée. Cette fois je marche d’un bon pas, j’ai pleinement récupéré. Et surtout cela commence à sentir la fin. Je vois devant moi l’ombre d’un aigle qui vole au-dessus de moi, j’espère qu’il ne m’a pas choisi pour cible… surtout qu’il passe et repasse. Il finit par s’en aller. Cette dernière montée n’est rien à côté de celles que j’ai pu voir en début de course, je suis bien, je sais désormais que je vais finir. Je franchis donc Adarza, 1250 mètres d’altitude au bout de 9h45’ d’efforts. Il ne reste plus que 10 kilomètres de descente. Mais, vu l’état de mes quadriceps, cela ne va pas être une partie de plaisir. En plus, j’avais cru voir sur le profil du parcours qu’il n’y avait QUE de la descente jusqu’à l’arrivée… Quel désespoir quand je vois que nous remontons légèrement… Moi qui avait l’œil rivé sur l’altimètre qui égrenait les mètres restant à descendre, voilà du rab’ ! Tant pis, je suis plus frais que les concurrents autour de moi, je relance franchement, malgré ma technique désastreuse en descente, j’en double quelques-uns puisque le chemin devient moins technique. Finalement, nous atteignons une route goudronnée, toujours descendante, mais les appuis sont tellement plus prévisibles… Ca sent la fin ! Je rejoins une concurrente à deux kilomètres de l’arrivée, et je termine cette course avec elle, me mettant en retrait quelques dizaines de mètres avant la ligne afin de ne pas lui voler les applaudissements qu’elle a plus mérité que moi.
Ca y est, je suis un finisher ! Je reçois mon T-shirt, témoin de ma réussite, que c’est bon d’y être arrivé ! Je termine 124ème sur 285 arrivants (pour 350 partants) en 11h04’.

lundi 17 septembre 2007

Euskal Endurance - que la montagne est belle... mais dure !

Je n'ai pas encore eu le temps de mettre en forme un récit complet de cette superbe aventure qu'a été cette participation à l'Euskal Endurance, mais je vous livre d'ores et déjà mes premières impressions : c'est magnifique, c'est dur, et c'était indispensable à mon avis avant d'aller me frotter à la Diagonale des Fous.
Je termine 124ème, en 11h04', mais c'est anecdotique, l'important est ailleurs, j'essaierai de faire un compte-rendu détaillé agrémenté de quelques photos le plus rapidement possible.
A noter cependant la victoire d'un Morbihannais qui avait bien préparé son affaire : Christophe Malardé (il décrit sa préparation dans son blog).
L'ensemble des résultats se trouve sur le site de l'épreuve.

mardi 11 septembre 2007

Auray-Vannes : objectif atteint !


Et oui, autant le dire tout de suite, l'objectif de moins d'1h20' sur Auray Vannes a été atteint dimanche après-midi. Ma satisfaction est grande, car les conditions n'étaient pas des plus favorables : il a fait chaud (comme toujours sur Auray-Vannes me répondrez-vous à raison), mais nous avons également eu droit à un vent de face usant sur la deuxième moitié du parcours.
Mais prenons les choses dans l'ordre :
Il m'arrive parfois sur certaines courses de mal gérer mon alimentation. En fait, le stress d'avant course me coupe la faim, et du coup, il m'est arrivé par le passé de subir des hypoglycémies plus ou moins sévères sur des courses. Etant donné l'investissement que j'ai consenti dans cette préparation, je voulais absolument éviter ce type de problème, j'ai donc été vigilant. Ensuite, l'attente à Auray peut parfois être longue si l'on prend les premières navettes, et étant donnée la chaleur qui règnait dimanche après-midi, j'ai choisi de prendre l'un des derniers bus, qui partait de Vannes vers 13 heures. L'attente était donc réduite, cela faisait autant de temps en moins en plein soleil...
L'échauffement ne laissait présager rien de bon : les jambes étaient lourdes, j'avais du mal à accélérer... Je me suis donc isolé dans mon coin afin de ne pas avoir à subir l'échauffement des copains, et trottiner à mon allure, sans avoir à répondre aux questions du style "alors, tu te sens bien ?". Non, je ne me sens pas bien, et ça me fait ch... Entre les conditions climatiques et ces mauvaises sensations, l'objectif était déjà revu à la baisse. Je ne visais plus qu'1h22' au mieux, comme l'an dernier quoi. C'était bien la peine de se préparer comme je l'ai fait...
Allez, je rentre dans le sas de départ, la tension monte, je suis tout seul dans ces moments là... Tout peut s'écrouler autour de moi, je suis dans mon monde. Je suis finalement étonnament calme, j'ai déjà oublié les mauvaises sensations, je n'attends plus qu'une chose : le coup de feu libérateur.
Il finit par arriver, et les jambes lourdes de l'échauffement sont parties, et apparemment, une paire toute neuve a été installée dans le sas de départ... Je longe le côté gauche de la route, je frôle les spectateurs, et je remonte petit à petit le peloton afin de me caler à un rythme qui me convient. Ce premier kilomètre monte énormément, mais on ne le sent presque pas tant le peloton est compact, et surtout, nous avons la fraîcheur du départ. Je passe en 3'44", dans l'allure. Ca ne m'arrive pas si souvent d'être immédiatement sur le bon rythme, c'est un bon point. Du coup, je me fixe à cette allure, je me promène littéralement... Dire qu'une semaine auparavant, je me demandais comment j'allais pouvoir tenir l'allure pendant 5 km, là j'arrive au pied de la côte de Baden, soit au kilomètre 7 dans un véritable fauteuil.



Cette côte de Baden constitue le premier instant de vérité. Je surveille mon cardio, le rythme de croisière fixé par le coach se situe à la fc de 173. Donc, je ne m'éloigne pas trop de cette référence... Baden, ça monte beaucoup quand même ! La fc s'élève un peu, 174, 175, 176. Pas d'affolement, je contrôle, et je ralentis autant que nécessaire pour ne pas payer derrière le prix d'une trop grande témérité dans les bosses. Comme par hasard, la relance en haut se trouve considérablement facilitée par la bonne gestion de la montée ! Je remets donc tout de suite la machine au rythme de croisière, je me stabilise à cette fc de 173. C'est ainsi que je passe le 10ème kilomètre en 37'20". Pas mal pour un type qui a couru à Langueux en 37'19" (mais en courant comme un cochon il est vrai ;-)) ! C'est à ce moment que le vent se fait vraiment sentir, en fait les grandes lignes droites qui constituent la deuxième partie du parcours seront toutes perturbées par ce vent de face. Les kilomètres en descentes seront nettement moins rapides que prévu. Je sais déjà que les 10 prochains kilomètres seront plus lents, et je commence à faire les calculs pour évaluer la marge dont je dispose pour atteindre quand même l'objectif. Il faut bien s'occuper l'esprit pendant une course...



La côte du Moustoir, à laquelle on pense peut-être un peu moins lorsque l'on parle du profil du parcours d'Auray-Vannes, cette montée en 3 temps, s'avère difficile. Plus difficile que ce dont je me rappelais. Je suis contraint de considérablement ralentir l'allure pour ne pas trop monter dans les tours... Le 12ème kilomètre est parcouru en 4'02", le 13ème en 4'26" !!! Et pourtant je ne m'affole pas, cela fait partie de la stratégie... Bon sang, j'ai quand même laissé du temps dans l'affaire ! Allez tant pis, c'était la dernière difficulté où je devais me retenir. Cette fois-ci, la machine est lancée pour de bon, rien ne me ralentira plus, pas même la côte du Vincin. Les jambes tournent bien, les kilomètres défilent, la côte du Vincin est avalée, je ne regarde plus le cardio, puisque j'entre dans la phase finale de la course où je peux lâcher les chevaux. C'est là que j'ai peut-être été un peu trop prudent, avec le recul, je pense que j'aurais pu accélérer plus franchement dès le 18ème kilomètre. Bref, ce sera pour une autre fois. Les spectateurs m'annoncent que je suis aux alentours de la 60ème place, l'an dernier, j'ai fini 67ème en bénéficiant des départs trop rapides de nombreux coureurs qui avaient mésestimé l'influence de la chaleur alors que moi j'étais parti un peu en-dedans puisque j'étais en prépa marathon. Je veux au moins maintenir ma place pour faire mieux que l'an dernier... Je tourne à gauche, je longe l'école de Police. Ca sent l'arrivée. J'accélère encore un peu, j'entends des spectateurs qui m'encouragent en criant mon prénom, je n'arrive pas à les identifier, qu'importe, je lève la main en signe de remerciement. L'arche du 20ème, cette fois-ci c'est fini, je donne tout. Je remonte quelques coureurs, j'entre sur le stade, je vois le chrono qui égrène les secondes, 1h19'40", il me reste quoi ? 100 mètres ? Un peu plus ? Un peu moins ? Je crois que c'est bon, je suis en sprint tout autour de la piste, et je franchis la ligne d'arrivée en sachant que même le temps officiel sera sous 1h20', du coup je lève les bras en signe de victoire (heureusement que j'ai sprinté... le dernier kilomètre a été le plus rapide de la course : 3'31" !). Je finis la course dans un remarquable état de fraîcheur par rapport à la chaleur et à l'intensité de l'effort, je termine 55ème en 1h19'55" temps officiel, et 1h19'51" temps réel. Ma satisfaction est immense, j'ai le sentiment du devoir accompli après cette jolie préparation que m'a concoctée Charlie. Merci coach... Tu as su tirer un joli résultat de mon potentiel en très peu de temps. Et il y aura d'autres échéances !
Maintenant, place à l'Euskal Endurance, dès samedi, un petit apéritif avant la Diagonale des Fous !!!

P.S. merci au site "Courir en Bretagne" pour les photos qui illustrent cet article

lundi 3 septembre 2007

Dernière ligne droite...

Nous sommes aujourd'hui à 6 jours d'Auray-Vannes. Je porterai le dossard 1848 (information capitale, vous en conviendrez...), mais il va falloir que je réclame pour avoir la pastille de couleur qui donne accès au sas préférentiel. Il y a manifestement eu un problème à ce niveau, mais bon c'est anecdotique.
La dernière semaine d'entraînement s'est très bien déroulée, la sortie longue de ce week-end a été un pur plaisir, je crois que la forme est là (évidemment, si je me plante, je me dépêcherai de modifier ce message, et j'écrirai à la place que ma préparation a été perturbée par une blessure ;-)). Il n'y a plus qu'à faire du jus cette semaine, et espérer qu'il n'y ait ni trop de soleil, ni trop de vent dimanche prochain. Allez, on va dire que ça va le faire !
En ce qui concerne l'échéance suivante, à savoir l'Euskal Endurance dans un premier temps, je suis bien sur la liste des inscrits, je porterai le dossard 260 (je rappelle pour ceux qui font des stats que mon dossard pour la Diagonale des Fous est le 159 :-)). Plus le temps passe, et plus j'appréhende ce baptême de l'ultra... J'entrerai ce jour là dans l'inconnu, mais je pense que cette étape est indispensable pour identifier les principales difficultés de l'exercice avant de partir à la Réunion. Je suis presque prêt au niveau de l'équipement, j'ai même acheté une paire de Salomon XA pro 3D neuves sur eBay à 53 euros... Pas mal, non ? Elles sont nickels, je suis tombé sur un type qui les avait achetés et s'est rendu compte après une sortie qu'elles étaient un poil trop petites. Pour moi elles sont parfaites. Inutile de vous dire qu'elles sortent régulièrement en ce moment, histoire de les "faire".
Bon, à partir de maintenant, tout va s'enchaîner rapidement, Auray-Vannes dimanche, l'Euskal Endurance le samedi suivant, et 3 semaines et demi plus tard, ce sera le décollage pour la Réunion. Il va falloir tenir le rythme.