mardi 11 septembre 2007

Auray-Vannes : objectif atteint !


Et oui, autant le dire tout de suite, l'objectif de moins d'1h20' sur Auray Vannes a été atteint dimanche après-midi. Ma satisfaction est grande, car les conditions n'étaient pas des plus favorables : il a fait chaud (comme toujours sur Auray-Vannes me répondrez-vous à raison), mais nous avons également eu droit à un vent de face usant sur la deuxième moitié du parcours.
Mais prenons les choses dans l'ordre :
Il m'arrive parfois sur certaines courses de mal gérer mon alimentation. En fait, le stress d'avant course me coupe la faim, et du coup, il m'est arrivé par le passé de subir des hypoglycémies plus ou moins sévères sur des courses. Etant donné l'investissement que j'ai consenti dans cette préparation, je voulais absolument éviter ce type de problème, j'ai donc été vigilant. Ensuite, l'attente à Auray peut parfois être longue si l'on prend les premières navettes, et étant donnée la chaleur qui règnait dimanche après-midi, j'ai choisi de prendre l'un des derniers bus, qui partait de Vannes vers 13 heures. L'attente était donc réduite, cela faisait autant de temps en moins en plein soleil...
L'échauffement ne laissait présager rien de bon : les jambes étaient lourdes, j'avais du mal à accélérer... Je me suis donc isolé dans mon coin afin de ne pas avoir à subir l'échauffement des copains, et trottiner à mon allure, sans avoir à répondre aux questions du style "alors, tu te sens bien ?". Non, je ne me sens pas bien, et ça me fait ch... Entre les conditions climatiques et ces mauvaises sensations, l'objectif était déjà revu à la baisse. Je ne visais plus qu'1h22' au mieux, comme l'an dernier quoi. C'était bien la peine de se préparer comme je l'ai fait...
Allez, je rentre dans le sas de départ, la tension monte, je suis tout seul dans ces moments là... Tout peut s'écrouler autour de moi, je suis dans mon monde. Je suis finalement étonnament calme, j'ai déjà oublié les mauvaises sensations, je n'attends plus qu'une chose : le coup de feu libérateur.
Il finit par arriver, et les jambes lourdes de l'échauffement sont parties, et apparemment, une paire toute neuve a été installée dans le sas de départ... Je longe le côté gauche de la route, je frôle les spectateurs, et je remonte petit à petit le peloton afin de me caler à un rythme qui me convient. Ce premier kilomètre monte énormément, mais on ne le sent presque pas tant le peloton est compact, et surtout, nous avons la fraîcheur du départ. Je passe en 3'44", dans l'allure. Ca ne m'arrive pas si souvent d'être immédiatement sur le bon rythme, c'est un bon point. Du coup, je me fixe à cette allure, je me promène littéralement... Dire qu'une semaine auparavant, je me demandais comment j'allais pouvoir tenir l'allure pendant 5 km, là j'arrive au pied de la côte de Baden, soit au kilomètre 7 dans un véritable fauteuil.



Cette côte de Baden constitue le premier instant de vérité. Je surveille mon cardio, le rythme de croisière fixé par le coach se situe à la fc de 173. Donc, je ne m'éloigne pas trop de cette référence... Baden, ça monte beaucoup quand même ! La fc s'élève un peu, 174, 175, 176. Pas d'affolement, je contrôle, et je ralentis autant que nécessaire pour ne pas payer derrière le prix d'une trop grande témérité dans les bosses. Comme par hasard, la relance en haut se trouve considérablement facilitée par la bonne gestion de la montée ! Je remets donc tout de suite la machine au rythme de croisière, je me stabilise à cette fc de 173. C'est ainsi que je passe le 10ème kilomètre en 37'20". Pas mal pour un type qui a couru à Langueux en 37'19" (mais en courant comme un cochon il est vrai ;-)) ! C'est à ce moment que le vent se fait vraiment sentir, en fait les grandes lignes droites qui constituent la deuxième partie du parcours seront toutes perturbées par ce vent de face. Les kilomètres en descentes seront nettement moins rapides que prévu. Je sais déjà que les 10 prochains kilomètres seront plus lents, et je commence à faire les calculs pour évaluer la marge dont je dispose pour atteindre quand même l'objectif. Il faut bien s'occuper l'esprit pendant une course...



La côte du Moustoir, à laquelle on pense peut-être un peu moins lorsque l'on parle du profil du parcours d'Auray-Vannes, cette montée en 3 temps, s'avère difficile. Plus difficile que ce dont je me rappelais. Je suis contraint de considérablement ralentir l'allure pour ne pas trop monter dans les tours... Le 12ème kilomètre est parcouru en 4'02", le 13ème en 4'26" !!! Et pourtant je ne m'affole pas, cela fait partie de la stratégie... Bon sang, j'ai quand même laissé du temps dans l'affaire ! Allez tant pis, c'était la dernière difficulté où je devais me retenir. Cette fois-ci, la machine est lancée pour de bon, rien ne me ralentira plus, pas même la côte du Vincin. Les jambes tournent bien, les kilomètres défilent, la côte du Vincin est avalée, je ne regarde plus le cardio, puisque j'entre dans la phase finale de la course où je peux lâcher les chevaux. C'est là que j'ai peut-être été un peu trop prudent, avec le recul, je pense que j'aurais pu accélérer plus franchement dès le 18ème kilomètre. Bref, ce sera pour une autre fois. Les spectateurs m'annoncent que je suis aux alentours de la 60ème place, l'an dernier, j'ai fini 67ème en bénéficiant des départs trop rapides de nombreux coureurs qui avaient mésestimé l'influence de la chaleur alors que moi j'étais parti un peu en-dedans puisque j'étais en prépa marathon. Je veux au moins maintenir ma place pour faire mieux que l'an dernier... Je tourne à gauche, je longe l'école de Police. Ca sent l'arrivée. J'accélère encore un peu, j'entends des spectateurs qui m'encouragent en criant mon prénom, je n'arrive pas à les identifier, qu'importe, je lève la main en signe de remerciement. L'arche du 20ème, cette fois-ci c'est fini, je donne tout. Je remonte quelques coureurs, j'entre sur le stade, je vois le chrono qui égrène les secondes, 1h19'40", il me reste quoi ? 100 mètres ? Un peu plus ? Un peu moins ? Je crois que c'est bon, je suis en sprint tout autour de la piste, et je franchis la ligne d'arrivée en sachant que même le temps officiel sera sous 1h20', du coup je lève les bras en signe de victoire (heureusement que j'ai sprinté... le dernier kilomètre a été le plus rapide de la course : 3'31" !). Je finis la course dans un remarquable état de fraîcheur par rapport à la chaleur et à l'intensité de l'effort, je termine 55ème en 1h19'55" temps officiel, et 1h19'51" temps réel. Ma satisfaction est immense, j'ai le sentiment du devoir accompli après cette jolie préparation que m'a concoctée Charlie. Merci coach... Tu as su tirer un joli résultat de mon potentiel en très peu de temps. Et il y aura d'autres échéances !
Maintenant, place à l'Euskal Endurance, dès samedi, un petit apéritif avant la Diagonale des Fous !!!

P.S. merci au site "Courir en Bretagne" pour les photos qui illustrent cet article

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Superbement gérée, cette course, et superbement racontée. La dernière photo qui illustre ta course : je pense que si tu ne m'avais pas dit que tu venais de la marche, je l'aurais deviné ! Les courses bien gérées sont vraiment les plus gratifiantes : grande fraîcheur à l'arrivée et super chrono en prime. Et ce sentiment d'avoir tiré le meilleur parti de son potentiel... Si ça pouvait être comme ça à chaque fois !

Erwann

Benoît a dit…

C'est vrai, je n'avais pas vu cela, mais ma démarche sur cette photo trahit mon passé de marcheur...
Merci pour l'intérêt que tu portes à mon évolution !